
Ce sujet est brûlant en ce moment, il a d’ailleurs été discuté par l’un des fondateurs de l’Electric Daisy Carnival qui s’est récemment clôturé à Las Vegas, Pasquale Rotella : « Beaucoup de grands deejays jouent les mêmes tracks », disait-il franchement. « Au bout du compte, nous allons finir par en retirer de la line-up à force d’accumuler. »
Le deejay/producteur A-Trak a plutôt bien résumé ce sentiment dans deux tweets dont Laidback Luke a fait écho :
A-Trak, auteur du radioshow Fool's Gold, a récemment surenchéri dans une édition du Huffington Post intitulé "Don't Push My Buttons" : "Elles sont horriblement similaires (NDLR : les tracklists). Cette scène devient une carricature. Explosions, jets privés, rester attablés (là je plaide coupable), et à présent des playlists en copie carbone."
C’est quelque chose qui trotte également dans la tête du vétéran Z-Trip (opinion détaillée plus avant dans un édito de InTheMix) : « Je veux simplement en voir plus. Plus de compétences, une sélection de musique différente, plus de risques, jouer moins sécurisant, plus d’effets cassants. L’inspiration qui me viendrait en regardant jouer les grands me manque. » De pareils mots ont pu être entendus chez Armin van Buuren lorsqu’il fut contacté au téléphone par InTheMix : « J’étais transporté à l’époque des Sasha et Digweed, Carl Cox, Judge Jules, Paul Oakenfold : ces sets énormes qui construisent et construisent. Je suppose que les gens n’ont plus la patience pour cela à présent. Nous vivons pour quelque chose de rapidement fait. »
Pourquoi donc autant de répétition ? Une théorie est que les deejays mainstage viennent aux festivals avec des sets déjà cartographiés. Le manager de Skrillex, Tim Smith, l’expliquait ainsi dans une discussion autour du même problème paru dans le magasine Rolling Stones : « La plupart des deejays mixent sur le vif, mais il y en a certains qui viennent avec des sets préenregistrés, et qui ont une production très, très complexe. Cela donne au consommateur un meilleur show. »
Même son de cloche pour Jono Grant, du trio Above & Beyond : "On est arrivé à un stade où tout tourne autour de ce qu'on appelle 'La Playlist'. Il y a environ 12 tracks que ces deejays jouent."
Le néerlandais Laidback Luke, à la tête du label Mixmash Records et occupé cet été à faire tourner son stage Super You&Me à des festivals tels l'Electronic Daisy Carnival, Tomorrowland et Creamfields, revient pour InTheMix sur ce sujet pour lequel il s'était déjà engagé via Twitter.
"Beaucoup de deejays se sentent confortables avec ce qu'ils jouent à divers festivals et ils livrent les mêmes sets encore et encore. Pour moi, ce qu'est vraiment le deejaying est anticipé le moment, la localisation, et le public. Jouer les mêmes sets serait impossible pour moi. Pour moi, le deejaying, c'est improviser l'instant. Parfois, les deejays font lancer des confettis et fireworks qui doivent être synchronisés, mais je n'en vois pas vraiment l'utilité pour être honnête. Vous pourriez avoir un bouton qui dit "fireworks" et quand vous pensez que le moment est venu, vous appuyez dessus."
Il ajoute que les jeunes deejays qui percent n'ont souvent pas le temps d'affiner leur technique de mix avant d'être mis sous les projecteurs : "Beaucoup de célèbres deejays sont célèbres par leurs productions. Ces gens sortent du studio sans vraiment avoir un background de deejay, ainsi vous avez des deejays qui jouent leurs tracks, mais ils ne sont pas vraiment compétents.
Cela va très vite de nos jours. Les talents viennent et repartent. C'est le coté "repartir" qui me fait peur. Je suis ici pour durer; c'est lié à un long voyage. Être lancé très vite peut donner lieu à des choses étranges pour les jeunes qui ne sont pas prêts."
Le plus cinglant est probablement Diplo. "Parfois, je fais plus d'argent sur un week-end que ma grand-mère en un an", confiait Diplo au magazine Vibe. "Être un deejay est plutôt m*rdique. Je suis chanceux, je peux produire des tracks également, parce qu'être un deejay ce n'est rien. Ils jouent seulement des tracks. Usher est entrainé pour danser. Justin Bieber doit s'entrainer 24 hours par jour pour être un chanteur. Ce que je fais est plutôt simple. C'est une bonne période pour être un deejay et faire de l'argent, mais définitivement vous ne pouvez pas avoir d'ego en faisant cela car cette m*rde n'est pas cool."
DEADMAU5 CRITIQUE SON PROPRE MILIEU
Deadmau5 a récemment publié un post sur son blog intitulé « We All Hit Play ». Si vous le lisez entièrement (ce que vous devriez faire), vous saurez apprécier le niveau d’honnêteté – compte tenu de son statut – à propos des réalités d’être un musicien EDM en 2012. Il dessina une fine line entre les compétences requises pour faire un show live et celles requises pour être un producteur : « Mes compétences et celles des autres producteurs brillent là où elles doivent briller : dans ce p**ain de studio, à sortir de p**ain de releases. » Bien qu’on puisse contre-argumenter que l’innovation musicale en live reste tout à fait possible et qu’il n’appartient qu’au deejay de prendre des risques techniques de diverses manières, en effet, ce n’est pas le boulot d’un deejay que de créer de nouvelles tracks en live, c’est en fait presque impossible, mais c’est le boulot d’un deejay d’emporter son public, de se connecter à lui. Sebastian Ingrosso disait : « Un dj est quelqu’un qui rentre dans une salle, la scanne et se dit : ‘Okay. Que puis-je faire pour que ces gens aient la banane ?’ »
ARRÊTER DE JOUER TOUS PAREIL (DANCING ASTRONAUT)
L’éditorialiste de Dancing Astronaut ne s’inquiète pas de voir les deejays appuyer seulement sur le bouton Play, mais bien qu’ils appuient sur le bouton Play des mêmes tracks. « Il y a beaucoup de nouvelles musiques qui sortent tous les jours, mais trop de grands deejays jouent les mêmes sets, les mêmes bootlegs, réalisent les mêmes transitions, et présentent la même chose semaine après semaine. On pourrait dès lors penser que les deejays eux-mêmes sont lassés, mais ils continuent d’être prévisibles, de balancer des combinaisons comme 'Quasar vs. Coming Home' (NDLR : très joué en house) dans chaque set. Peut-être est-ce parce qu’on continue de sauter dessus de manière féroce comme nous le ferions la première fois, peut-être est-ce parce qu’ils continuent d’être payés peu importe ce qu’ils font. Je ne dis pas que ces sets sont mauvais, parce qu’ils ne le sont pas. Je dis seulement qu’ils sont vieux.
Ces gens reçoivent plus de promos que n’importe qui sur Terre ; est-ce vraiment si difficile de trouver de nouveaux morceaux ? Ils passent d’innombrables heures dans les avions avec leur portable et leurs outils de production inclus ; est-ce vraiment si difficile de créer un nouveau mash up ou bootleg avant un set ? Le temps où je me disais ‘waooh, qu’est-ce que c’est ?!’ me manque ; maintenant c’est ‘huh, encore ce bootleg ?’. Tout comme cela nous énerve quand Shazam ne peut pas trouver une track, cela nous énerve encore plus lorsque vous connaissez chaque single joué.
Si les dj sets continuent sur cette trajectoire, cela ne prendra pas longtemps avant que tout le monde comprenne ce qu’il s’y passe. De la même façon que les radios ont tué des morceaux à force de les surjouer, les djs font rapidement la même chose. Les gens veulent être surpris. Deadmau5 disait : ‘Savez-vous ce qui rend un show EDM incroyable et déjanté ? Vous, les gars. Les fans, les gens qui viennent pour apprécier la musique.’
Jouer les mêmes musiques encore et encore n’est pas le meilleur moyen d’y parvenir. C’est ainsi que les gens en décrochent. C’est ainsi qu’on répète l’histoire du rap, et la dance music vaut bien mieux que le rap. Ceci est donc un message à tout ceux qui lisent Dancing Astronaut (et ceux qui ne le lisent pas non plus) : n’ayez pas peur de prendre des risques. Ne soyez pas effrayés de jouer une track sortie en 2011, 2010 ou 1995. N’ayez pas peur de jouer une nouvelle track d’un nouveau producteur qui a le potentiel de donner aux gens la banane. Ne soyez pas effrayés d’oublier de jouer votre dernier single pour une fois. N’ayez pas peur de nous laisser avec un sentiment d’en vouloir plus. »
CONTRE-OPINION
Cette opinion, nous la contrebalancerons par ces quelques éléments :
A titre personnel, j’ajouterai : s’il est vrai que je peux grandement apprécier en live une production plus ou moins récente qui cartonne, que j’ai déjà passé en boucle un nombre incalculable de fois sur Youtube et que j’attends dès lors impatiemment en live, la plupart de mes meilleurs moments en soirée proviennent de l’écoute de tracks jamais entendues que j’ai le plaisir de découvrir à chaud, ou encore d’un deejay inconnu ou inattendu.
Et vous, ressentez-vous une certaine exaspération face à certains deejays se la jouant trop attendus ? Ou êtes-vous au contraire présent pour entendre tout ce qui se fait de mieux en ce moment – les hits ?
Nous n'écrirons pas de conclusion à ce vaste sujet car précisément nous estimons que c'est à chacun de s'en faire son opinion...
Cette vidéo issue de la première prestation de Paris Hilton en live devant un large public brésilien a fait couler beaucoup d'encre.
Ancien petit ami de Paris Hilton, le dj Afrojack nie avoir jamais été au courant de son intention de se produire en live.
[UPDATE] Deejays, arrêtez de tous jouer les mêmes tracks
Écrit par Reiko Dimanche, 19 Août 2012 11:00
Dans la catégorie « comédie simpliste », les récents débuts de Paris Hilton en tant que deejay au Brésil ont dépassé toutes nos attentes. Sa manière de se trémousser, le port du mini-drapeau, les mains désœuvrées en l’air : tout cela fut brillant ! Cependant, ce spectacle navrant fut en quelque sorte révélateur par ses similarités avec quelque uns des plus gros deejays bancables, avec ce même roulement de remixes familiers, d’a cappellas et de mash ups. Avec tous les sets de gros festivals souvent publiés en ligne après l’événement, il est facile de sentir un petit air de déjà vu dans ce qui est joué ces temps-ci. Y a-t-il trop de deejays qui se contentent de jouer les mêmes tracks assurées de fonctionner ?Ce sujet est brûlant en ce moment, il a d’ailleurs été discuté par l’un des fondateurs de l’Electric Daisy Carnival qui s’est récemment clôturé à Las Vegas, Pasquale Rotella : « Beaucoup de grands deejays jouent les mêmes tracks », disait-il franchement. « Au bout du compte, nous allons finir par en retirer de la line-up à force d’accumuler. »
Le deejay/producteur A-Trak a plutôt bien résumé ce sentiment dans deux tweets dont Laidback Luke a fait écho :
- « Deejays, je me fiche de savoir sur quel matériel vous jouez, simplement ne jouez pas le même set chaque soir et le même top 10 que n'importe quel autre gars. »
- « Quand vous regardez les playlists de ces gars après l’Ultra ou l’EDC ce sont les mêmes tubes de Beatport avec un a cappella de Gotye ou un mash up à base de Daft Punk. Zzzzzzz soyez originaux. »
A-Trak, auteur du radioshow Fool's Gold, a récemment surenchéri dans une édition du Huffington Post intitulé "Don't Push My Buttons" : "Elles sont horriblement similaires (NDLR : les tracklists). Cette scène devient une carricature. Explosions, jets privés, rester attablés (là je plaide coupable), et à présent des playlists en copie carbone."
C’est quelque chose qui trotte également dans la tête du vétéran Z-Trip (opinion détaillée plus avant dans un édito de InTheMix) : « Je veux simplement en voir plus. Plus de compétences, une sélection de musique différente, plus de risques, jouer moins sécurisant, plus d’effets cassants. L’inspiration qui me viendrait en regardant jouer les grands me manque. » De pareils mots ont pu être entendus chez Armin van Buuren lorsqu’il fut contacté au téléphone par InTheMix : « J’étais transporté à l’époque des Sasha et Digweed, Carl Cox, Judge Jules, Paul Oakenfold : ces sets énormes qui construisent et construisent. Je suppose que les gens n’ont plus la patience pour cela à présent. Nous vivons pour quelque chose de rapidement fait. »
Pourquoi donc autant de répétition ? Une théorie est que les deejays mainstage viennent aux festivals avec des sets déjà cartographiés. Le manager de Skrillex, Tim Smith, l’expliquait ainsi dans une discussion autour du même problème paru dans le magasine Rolling Stones : « La plupart des deejays mixent sur le vif, mais il y en a certains qui viennent avec des sets préenregistrés, et qui ont une production très, très complexe. Cela donne au consommateur un meilleur show. »
Même son de cloche pour Jono Grant, du trio Above & Beyond : "On est arrivé à un stade où tout tourne autour de ce qu'on appelle 'La Playlist'. Il y a environ 12 tracks que ces deejays jouent."
Le néerlandais Laidback Luke, à la tête du label Mixmash Records et occupé cet été à faire tourner son stage Super You&Me à des festivals tels l'Electronic Daisy Carnival, Tomorrowland et Creamfields, revient pour InTheMix sur ce sujet pour lequel il s'était déjà engagé via Twitter.
"Beaucoup de deejays se sentent confortables avec ce qu'ils jouent à divers festivals et ils livrent les mêmes sets encore et encore. Pour moi, ce qu'est vraiment le deejaying est anticipé le moment, la localisation, et le public. Jouer les mêmes sets serait impossible pour moi. Pour moi, le deejaying, c'est improviser l'instant. Parfois, les deejays font lancer des confettis et fireworks qui doivent être synchronisés, mais je n'en vois pas vraiment l'utilité pour être honnête. Vous pourriez avoir un bouton qui dit "fireworks" et quand vous pensez que le moment est venu, vous appuyez dessus."
Il ajoute que les jeunes deejays qui percent n'ont souvent pas le temps d'affiner leur technique de mix avant d'être mis sous les projecteurs : "Beaucoup de célèbres deejays sont célèbres par leurs productions. Ces gens sortent du studio sans vraiment avoir un background de deejay, ainsi vous avez des deejays qui jouent leurs tracks, mais ils ne sont pas vraiment compétents.
Cela va très vite de nos jours. Les talents viennent et repartent. C'est le coté "repartir" qui me fait peur. Je suis ici pour durer; c'est lié à un long voyage. Être lancé très vite peut donner lieu à des choses étranges pour les jeunes qui ne sont pas prêts."
Le plus cinglant est probablement Diplo. "Parfois, je fais plus d'argent sur un week-end que ma grand-mère en un an", confiait Diplo au magazine Vibe. "Être un deejay est plutôt m*rdique. Je suis chanceux, je peux produire des tracks également, parce qu'être un deejay ce n'est rien. Ils jouent seulement des tracks. Usher est entrainé pour danser. Justin Bieber doit s'entrainer 24 hours par jour pour être un chanteur. Ce que je fais est plutôt simple. C'est une bonne période pour être un deejay et faire de l'argent, mais définitivement vous ne pouvez pas avoir d'ego en faisant cela car cette m*rde n'est pas cool."
DEADMAU5 CRITIQUE SON PROPRE MILIEU
Deadmau5 a récemment publié un post sur son blog intitulé « We All Hit Play ». Si vous le lisez entièrement (ce que vous devriez faire), vous saurez apprécier le niveau d’honnêteté – compte tenu de son statut – à propos des réalités d’être un musicien EDM en 2012. Il dessina une fine line entre les compétences requises pour faire un show live et celles requises pour être un producteur : « Mes compétences et celles des autres producteurs brillent là où elles doivent briller : dans ce p**ain de studio, à sortir de p**ain de releases. » Bien qu’on puisse contre-argumenter que l’innovation musicale en live reste tout à fait possible et qu’il n’appartient qu’au deejay de prendre des risques techniques de diverses manières, en effet, ce n’est pas le boulot d’un deejay que de créer de nouvelles tracks en live, c’est en fait presque impossible, mais c’est le boulot d’un deejay d’emporter son public, de se connecter à lui. Sebastian Ingrosso disait : « Un dj est quelqu’un qui rentre dans une salle, la scanne et se dit : ‘Okay. Que puis-je faire pour que ces gens aient la banane ?’ »
ARRÊTER DE JOUER TOUS PAREIL (DANCING ASTRONAUT)
L’éditorialiste de Dancing Astronaut ne s’inquiète pas de voir les deejays appuyer seulement sur le bouton Play, mais bien qu’ils appuient sur le bouton Play des mêmes tracks. « Il y a beaucoup de nouvelles musiques qui sortent tous les jours, mais trop de grands deejays jouent les mêmes sets, les mêmes bootlegs, réalisent les mêmes transitions, et présentent la même chose semaine après semaine. On pourrait dès lors penser que les deejays eux-mêmes sont lassés, mais ils continuent d’être prévisibles, de balancer des combinaisons comme 'Quasar vs. Coming Home' (NDLR : très joué en house) dans chaque set. Peut-être est-ce parce qu’on continue de sauter dessus de manière féroce comme nous le ferions la première fois, peut-être est-ce parce qu’ils continuent d’être payés peu importe ce qu’ils font. Je ne dis pas que ces sets sont mauvais, parce qu’ils ne le sont pas. Je dis seulement qu’ils sont vieux.
Ces gens reçoivent plus de promos que n’importe qui sur Terre ; est-ce vraiment si difficile de trouver de nouveaux morceaux ? Ils passent d’innombrables heures dans les avions avec leur portable et leurs outils de production inclus ; est-ce vraiment si difficile de créer un nouveau mash up ou bootleg avant un set ? Le temps où je me disais ‘waooh, qu’est-ce que c’est ?!’ me manque ; maintenant c’est ‘huh, encore ce bootleg ?’. Tout comme cela nous énerve quand Shazam ne peut pas trouver une track, cela nous énerve encore plus lorsque vous connaissez chaque single joué.
Si les dj sets continuent sur cette trajectoire, cela ne prendra pas longtemps avant que tout le monde comprenne ce qu’il s’y passe. De la même façon que les radios ont tué des morceaux à force de les surjouer, les djs font rapidement la même chose. Les gens veulent être surpris. Deadmau5 disait : ‘Savez-vous ce qui rend un show EDM incroyable et déjanté ? Vous, les gars. Les fans, les gens qui viennent pour apprécier la musique.’
Jouer les mêmes musiques encore et encore n’est pas le meilleur moyen d’y parvenir. C’est ainsi que les gens en décrochent. C’est ainsi qu’on répète l’histoire du rap, et la dance music vaut bien mieux que le rap. Ceci est donc un message à tout ceux qui lisent Dancing Astronaut (et ceux qui ne le lisent pas non plus) : n’ayez pas peur de prendre des risques. Ne soyez pas effrayés de jouer une track sortie en 2011, 2010 ou 1995. N’ayez pas peur de jouer une nouvelle track d’un nouveau producteur qui a le potentiel de donner aux gens la banane. Ne soyez pas effrayés d’oublier de jouer votre dernier single pour une fois. N’ayez pas peur de nous laisser avec un sentiment d’en vouloir plus. »
CONTRE-OPINION
Cette opinion, nous la contrebalancerons par ces quelques éléments :
- Selon nous, ces remarques sont très pertinentes mais elles ne s’appliquent qu’aux fans qui soit sortent souvent, soit écoutent tous les sets des grands deejays après chaque festival et passent leur temps sur Youtube. Mais il n’en est pas de même pour les fans occasionnels qui – eux – souhaitent entre le dernier single d’un grand deejay ou un certain mash up même s’il a plus de trois mois, justement parce qu’ils ne sont plus sortis en festival depuis trois mois ou n’ont plus touché à l’EDM depuis ! Compte tenu du prix de ces derniers, c’est compréhensible.
- Le tout n’est pas de s’évertuer à jouer de la nouveauté. Certains deejays attachent beaucoup d’importance à ne présenter que des morceaux très récents, mais concrètement beaucoup de leur choix se révèlent certes neufs, mais médiocres. Parfois, il vaut mieux se cantonner à un bon choix, fusse-t-il vieux de quelques semaines, qu’à la dernière production d’un artiste qui fait nettement moins bien que son avant-dernier single. Reste que, même parmi un vieux bon choix, il y a largement matière à varier.
- De nouveau, il s’agit d’un débat très spécifique qui ne choque que la sphère EDM. Il n’en est pas du tout de même par exemple en rock ou les gens attendent uniquement toutes les dernières chansons de l’album d’un groupe ainsi que quelques uns de ses classiques, même si l’album en question a déjà presque un an voire plus ! En EDM, la grande majorité d’entre nous vont également voir un deejay car on a apprécié ses dernières productions. N’est-il dès lors pas normal de vouloir les entendre en live, fussent-elles moins récentes ?
La question est extrêmement difficile à trancher, car en EDM non seulement le roulement de nouveautés d’un artiste est beaucoup plus rapide que dans n’importe quel autre style, mais aussi n’importe quel deejay est susceptible de jouer la production d’un artiste donné. Il n’est pas obligatoire d’aller voir Hardwell pour entendre du Hardwell en soirée par exemple, car tout le monde en joue, et parfois en surjoue, d’où ce sentiment de lassitude qui peut rapidement s’installer.
Comme nous le disions plus haut, ce débat est un de plus de ceux typiques à l’EDM, de la même manière que découvrir qu’un deejay ne produit pas tout seul et se fait aider (par un autre deejay, voire par des ingénieurs) est souvent perçu comme choquant en EDM alors que cela passe pour tout à fait normal dans n’importe quel autre milieu. - Peut-être les deejays pourraient-ils consentir à passer plus de temps à un festival en dehors de leur prestation, plutôt que de venir à la dernière minute, jouer, empocher leur cachet et repartir aussitôt. Venir plus tôt leur permettrait notamment de s'inspirer d'autres collègues, simplement de profiter du festival/event et du show ambiant tout en croisant fans et collègues, mais surtout entendre ce que jouent les autres et éviter dès lors les répétitions. Une suggestion pas toujours évidente à prendre en considération, compte tenu de leur timing parfois très serré pour basculer d'une ville à une autre, parfois sur un autre continent, pour y jouer le jour d'après.
- Certes, un deejay tourne beaucoup plus qu’un groupe de rock qui ne réalise une tournée que parallèlement à un album, c’est-à-dire en moyenne une fois tous les trois-quatre ans, mais certains deejays peuvent se montrer rares à ce point et n’être accessibles de notre coté du globe qu’une fois par an voire moins, d’où une volonté d’entendre ce qu’ils font de mieux et de plus connu.
- Certains deejays refusent de voir leur set être rendu disponible sur Internet. C'est par exemple très souvent le cas pour Avicii & Tiësto. Est-ce une solution ? Les raisons sont multiples : volonté de garder un show unique, volonté de masquer des « IDs » qui ne peuvent être dévoilées au public à l’heure actuelle, ou éviter que leur set soit critiqué et comparé à ses autres sets. Tout cela est contournable dès lors que chacun peut enregistrer tout le set sur son portable et le balancer ultérieurement sur des plateformes vidéo telles Youtube. D’une certaine façon, cela ne fait dès lors que masquer le problème.
A titre personnel, j’ajouterai : s’il est vrai que je peux grandement apprécier en live une production plus ou moins récente qui cartonne, que j’ai déjà passé en boucle un nombre incalculable de fois sur Youtube et que j’attends dès lors impatiemment en live, la plupart de mes meilleurs moments en soirée proviennent de l’écoute de tracks jamais entendues que j’ai le plaisir de découvrir à chaud, ou encore d’un deejay inconnu ou inattendu.
Et vous, ressentez-vous une certaine exaspération face à certains deejays se la jouant trop attendus ? Ou êtes-vous au contraire présent pour entendre tout ce qui se fait de mieux en ce moment – les hits ?
Nous n'écrirons pas de conclusion à ce vaste sujet car précisément nous estimons que c'est à chacun de s'en faire son opinion...
Cette vidéo issue de la première prestation de Paris Hilton en live devant un large public brésilien a fait couler beaucoup d'encre.
Ancien petit ami de Paris Hilton, le dj Afrojack nie avoir jamais été au courant de son intention de se produire en live.






