Interview avec Daeron, un jeune talent trance

Nous recevons aujourd’hui Dorian Grolaux alias Daeron, un jeune artiste talentueux de notre plat pays. Ce dernier porte un intérêt particulier à la musique trance et house en général depuis plusieurs années maintenant. A peine âgé de 10 ans, il chipotait déjà à des programmes de production ! Alors, qui est cet artiste encore tapi dans l’ombre ? Qu’en est-il de ses productions presque 10 années après avoir touché un programme pour la première fois ? Vous trouverez réponse à toutes ces questions et plus encore en lisant l’interview qu’il nous a accordée.

1) Dorian, tout d’abord bonjour et merci de répondre à nos quelques questions! Avant tout, pourrais-tu te présenter brièvement?


Salut! Et bien donc voilà, je m'appelle Dorian Grolaux, j'ai 19 ans et je suis belge. J'ai toujours été attiré par la musique électronique, et j'ai d'ailleurs commencé à m'y initier dès que j'ai pu, c'est-à-dire vers mes 8 ans sur le PC de mon père. Évidemment, c'était très rudimentaire mais cela m'a permis de me rendre compte que j'aimais faire cela, et c'est la raison pour laquelle j'ai continué, et ce jusqu'à aujourd'hui.

2) Tu te surnommes donc Daeron mais ce pseudo n’est cependant pas ton premier. Alors, pourquoi le choix de ce pseudo et sous quels autres alias as-tu déjà travaillé?

En fait, ce pseudo se rapproche de mon prénom, mais avec une certaine connotation plus «nordique» (et oui, je suis un grand fan du froid haha!). Non honnêtement, tout ce qui a trait à la musique électronique est pour moi incarné par ce qui se trouve au nord de la Belgique; la Hollande, ou encore la république Tchèque, où j'ai des contacts avec d'autres artistes du même âge que moi, ne sont que deux exemples parmi tant d'autres. Mais en effet ce n'est pas le seul que j'ai utilisé: au tout début, lors de l'acquisition de mon premier ordinateur, c'était Dj Kostroma (Kostroma est une ville russe...! Cela sonnait bien, allez savoir. J'avais 12 ans!). Ensuite, ce fut Dorian Lox, inspiré par un ami qui avait utilisé une partie de son nom de famille et l'avait déformé. Lox pour Grolaux donc). Puis il y a eu Euphoric Overphase, que je n'ai gardé que pour 2-3 morceaux, car personne n'aimait... Et enfin ce fut Daeron. Ce qui marque en général un changement de pseudo est la qualité du travail fini sous lequel il est fait. Donc, lorsque je change de pseudo, cela veut dire que j'ai atteint un nouveau niveau et que donc mes créations ne collent plus à celui d'avant.

3) Es-tu DJ ou/et producteur ? D’après toi, les deux vont-ils de pair? Sont-ils dissociables? Pourquoi?

En fait, le DJ est plutôt la personne qui va mixer (en soirée ou pour faire des compilations), tandis que le producteur est la personne qui créé la musique à proprement parler. Donc je me définis plutôt en tant que producteur. Et effectivement, les deux vont tout à fait de pair, car sans producteurs, pas de musique à mixer, et puis surtout, on peut très bien être les deux en même temps; on travaille sur des morceaux en studio, et ensuite on en fait un mix. Du coup, ils ne sont pas vraiment dissociables, car je crois qu'à un moment, tout producteur (de musique électronique j'entends) est amené à faire un mix. L'exemple le plus flagrant serait celui d’Armin Van Buuren, qui héberge le fameux ASOT (A State Of Trance) qui en est déjà à son 500ème épisode!

4) Il est assez rare que quelqu’un commence à travailler sur des programmes de production si jeune. Pourrais-tu nous expliquer ce qui t’a amené à débuter si jeune?

En fait, je ne saurais pas comment l'expliquer; tout petit déjà je fouillais l'étagère à CD de mes parents, en quête de tout ce que je pouvais trouver qui serait électronique. Puis un jour, mon père m'a montré un programme sur son PC (Acid Pro), avec lequel je me suis longtemps amusé à aligner les samples pour en faire des trucs assez bizarres. Le fait est que j'ai toujours adoré la technologie qui se cachait derrière un ordinateur, et donc voilà, c'est quelque chose qui s'est fait très naturellement chez moi je crois. Et avec le temps, eh bien cette idée de « faire de la musique » s'est ancrée dans mon cerveau, et n'en est pas ressortie.

5) Pourrais-tu nous retracer un peu ton parcours au niveau des différents programmes dont tu as fais usage depuis l’âge de 10 ans et quels sont les morceaux que tu as produits dont tu es le plus fier et le plus satisfait?

Donc comme dit plus haut, le premier fut Acid Pro. Je n'y comprenais pas grand chose mais je m'éclatais bien avec les sons pré-enregistrés qu'il contenait. Le second fut Dance eJay 7, avec lequel je pris vraiment la direction trance/house/électro. Ce programme n'est pas très compliqué, et du coup pas très puissant, mais c'est celui que je recommande à quiconque voulant se lancer dans la MAO (musique aidée par ordinateur). Et en 2005, j'ai découvert Fruity Loops 7 (maintenant FL Studio 10, qui vient de sortir), programme des plus complexes s'il en est. Quand je l'ai ouvert pour la première fois, j'ai pris peur et je l'ai refermé. Je crois qu'il m'a fallu un an pour y retourner. Une fois que j'en ai compris le fonctionnement, je ne l'ai plus lâché ! C'est un programme formidable, qui tient tête à Cubase, Reason ou encore Ableton Live.

J'ai produit une dizaine de morceaux sous eJay 7, mais je n'ai pas vraiment de mérite puisqu'il s'agissait principalement de mélodies pré-faites (excepté pour deux morceaux), etc... Je ne les ai d'ailleurs jamais mis en ligne, surtout parce qu'à cet âge je trouvais cela compliqué et que les supports sur internet (comme ceux d'aujourd'hui) n'existaient tout simplement pas. En revanche, sous FL7, j'ai mis en ligne quasiment chaque projet fini (car des brouillons j'en ai des tonnes). Je n'ai simplement pas mis mes tout premiers morceaux, parce que je ne les jugeais pas assez bons, bien que j'en aie publié quelques-uns récemment. Les morceaux dont je suis le plus fier sont principalement ceux que j'ai produit sous Daeron, notamment Skylandscape, qui fut le premier sous ce pseudo, et aussi le premier à avoir des paroles (empruntées à une chanteuse jazz (je ne vous raconte pas le travail pour faire coller du jazz dans un morceau trance), ou encore Autumn Falls, qui est un remix du morceau le plus connu de Georges Hales. Mon préféré étant And Then She Left, qui est une création originale. Sinon, sous Dorian Lox, un morceau dont je suis fier est Project Kaluwhai.

6) Tu as même sorti un album! Peux-tu nous en dire plus à propos de celui-ci?

Tout à fait, sous Dorian Lox, dont le nom est « Don't Break It ». C'est le premier album que j'ai sorti. Il contient 9 morceaux, allant du premier créé sous ce pseudo (Hardy Heron), au dernier à ce moment (Alpha and Omega). C'est un album assez spécial car on peut y entendre à quel point je me suis amélioré, et la différence est très visible (ou audible, plutôt). Entretemps, j'ai sorti un single, et un deuxième album de 5 morceaux sous Daeron. Pour ce qui est du reste, tout se trouve sur Youtube...

7) Musicalement, comment qualifierais-tu exactement ton style? Et où trouves-tu tes principales sources d’inspirations?


En fait, cela dépend. La majorité de ce que je compose est orienté trance (uplifting/progressive), bien que je compose des projets electro/house de temps à autre. En ce moment, je travaille et sur un morceau trance, et sur un morceau purement house. Et où je trouve mon inspiration ? Hmmm, cela varie en fonction de mon humeur, du temps qu'il fait, et toutes ces choses. Mais cela vient aussi quand j'écoute de la musique, c'est pour cela que ceux qui me connaissent me savent toujours accroché à mon iPod. J'écoute énormément de musique, et pas uniquement de la trance. Ces derniers mois, j'ai surtout écouté de la house, des trucs qu'on passe en boîte, genre Bromance, de Avicii, ou encore One, de Swedish House Mafia. Mais j'écoute aussi des trucs beaucoup plus hard, comme de la drum & bass, avec une préférence pour le côté plus dark, dont mon morceau fétiche serait « First Cosmic », de Gancher. Ou encore du hardstyle genre Headhunterw, etc... D'un autre côté, j'écoute aussi des trucs beaucoup plus doux, comme de la chillout/ambient. Mais tout cela dépend de mon humeur.

8) Beaucoup de travail en studio mais qu’en est-il de tes ambitions en tant que DJ à l’avenir?

Eh bien, c'est une sorte de rêve auquel j'essaye de rester accroché, car ce n'est pas facile de percer. Pour l'instant, c'est plus un hobby que je ne pratique que lorsque j'ai le temps, mais j'espère arriver un jour à ce qu'un de mes morceaux fasse bouger 50.000 personnes dans un stade immense, ce qui me permettrait de m'y consacrer à plein temps. Mais en attendant, je m'essaye au mixage sur platines virtuelles... Et il y a encore du boulot haha ! Mais bon, je persévère, et je suis persuadé qu'un jour mon travail sera remarqué !

Merci de nous avoir accordé un peu de ton temps et bonne continuation dans tes projets!

Merci à vous de m'avoir accordé cette interview !

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