Interview avec Blackwhited

alt

"Hello les Blackwithed ! Merci à vous de nous consacrer un peu de temps pour répondre à cette petite interview ! Pour commencer, pourriez-vous vous présenter en quelques mots et nous dire ce que vous faites en dehors du deejaying ?"


Alex : J’ai 24 ans, je suis un passionné de musique. En dehors de l’univers de la nuit, je suis un étudiant exemplaire qui va toujours au cours, qui ne sort jamais en semaine, qui est toujours au premier rang et qui ne parle jamais pendant le cours… (Rires)

Renaud : Moi c’est Renaud, j’ai 24 ans. Je suis né à Bruxelles mais j’habite à Verviers depuis longtemps. En ce qui concerne les études, j’ai fait un baccalauréat en Communication à l’Université Catholique de Louvain-la-Neuve. Et ici pour l’instant, je suis en année passerelle à l’IHECS à Bruxelles en Communication appliquée, orientation publicité.

Quand vous êtes-vous lancés dans la production ou avez-vous commencé à réaliser des bootlegs?

Alex : J’ai commencé la production avec FruityLoops il y a près de 5 ans mais c’était juste pour m’amuser et faire des « sons » pour mon plaisir. Ensuite, je suis passé sur Reason mais le software était trop compliqué pour moi à cette époque. Je suis donc retourné vers FruityLoops et j’ai commencé mes propres productions. Aujourd’hui, je bosse encore dessus parce que cela va super vite mais je bosse également de plus en plus sur Logic.

Renaud : C’est toujours difficile de donner une date ou un moment exact à partir duquel on s’est mis à produire. Pour ma part, j’ai commencé à toucher à la « production » (oui, c’est un grand mot) quand j’avais 14 ou 15ans. Je mixais beaucoup de hiphop, j’ai d’ailleurs toujours mes vinyls chez moi. Et donc, pour m’entraîner aux scratchs, je faisais mes propres breakbeats. Mais bon, ce n’étaient vraiment que des trucs basiques.

Et quelques années plus tard, un ami m’a fait découvrir un set de Tiesto, j’ai complètement accroché. Donc il y a 4, 5 ans, j’étais vraiment orienté trance et progressive. Les années ont passé et voilà, j’ai découvert par moi-même la house. J’ai commencé à apprendre, à écouter, à me renseigner et ainsi de suite. Et petit à petit, j’en suis venu à vouloir toucher un peu à la réalisation de sons. Ce qui n’était pas une mince affaire !

alt


Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vos carrières respectives et la manière dont vous vous êtes rencontrés?

Alex : Mon grand-père m’a offert des platines quand j’avais 13 ans mais comme je n’avais pas de table de mixage, je jouais par dessus ce qui passait en radio. Quelque temps plus tard, mon frère m’offrit à son tour une table de mixage. Je me suis bien amusé dans ma cave pendant quelque temps mais c’est lorsque j’ai déménagé pour Shanghai que tout a réellement commencé pour moi. J’ai rencontré un peu par hasard le booker de LA boîte de Shanghai à cette époque-là. Je lui ai dit que je mixais un peu et il m’a proposé de mixer à une soirée en after. Et puis petit à petit, j’ai commencé à me faire connaître. C’est en revenant en Belgique, que j’ai rencontré Renaud. Nous avons vraiment accroché et depuis lors, une belle amitié est née!

Renaud : Alex et moi nous sommes rencontrés via mon frère ou disons plutôt retrouvés (en fait, mon petit frère est un ami d’Alex…) et donc voilà, comme je fréquente énormément les amis de mon frère, j’ai rencontré Alex. Nous nous sommes très vite rendu compte que nous écoutions le même genre de sons, que ce soit en hiphop à nos débuts ou en musique électronique. Donc voilà, nous avons pris contact sur Msn et nous nous sommes très vite échangé des morceaux.

Quel est le sens de votre nom de scène « Blackwhited » ? Pourquoi ce choix?

Alex : C’est une question qu’on nous pose souvent. Blackwhited ne veut pas dire grand chose. On cherchait un nom de groupe et vu que le nom que l’on voulait à la base : La Royale Couscous Mafia était déjà pris, on a décidé de prendre Blackwhited.

Renaud : J’avoue n’avoir aucune explication. C’est Alex qui a trouvé ce nom et j’avoue qu’il m’a directement plu. Si je venais à avoir une autre explication, n’hésite pas, redemande moi.

alt

Combien de temps vous est en moyenne nécessaire afin de réaliser un morceau ?

Alex : Ca dépend, nos propres productions peuvent nous prendre 8 heures à finir comme elles peuvent nous prendre 2 mois. C’est vraiment aléatoire. Quant à nos bootlegs, on les boucle en 2h 3h grand maximum.

Renaud : Et bien, tout cela dépend un peu de l’inspiration, du temps qu’on peut avoir (car en dehors des cours, ce n’est pas facile de trouver du temps, je l’avoue). Maintenant, je pense qu’Alex autant que moi sommes des insomniaques, donc quand on commence à produire, on peut y passer des nuits entières. Les conditions par contre restent les mêmes que pour la majorité des gens je pense. C’est-à-dire que nous avons chacun notre ordi devant nous, nos VST et nos packs sons, et nous produisons dans nos chambres sans déranger les colocataires.

Donc chacun de notre côté, nous produisons quelque chose, que ce soit une mélodie, un break ou simplement un sample qu’on a trouvé et là, on s’échange nos idées par téléphone, sms, Skype ou Msn, cela va très vite quand c’est comme ça.

alt

Et dans quelles conditions de travail évoluez-vous? Vous répartissez vous la tâche et travaillez chacun une partie de votre côté ou composez-vous toujours ensemble dans le même studio?

Alex : On bosse rarement ensemble dans le même studio, la magie d’Internet permet de s’envoyer les fichiers et de bosser chacun chez soi. Il est très difficile de dire : « Toi tu fais la mélodie et moi je m’occupe de la rythmique». Généralement, il m’envoie une idée et puis je bosse dessus, je lui renvoie à mon tour, et ainsi de suite.

De quel matériel est équipé votre studio de production ?

Alex : Du strict minimum haut de gamme ! Plus sérieusement, mon studio est loin de ressembler à une soucoupe volante avec une multitude de boutons partout. J’ai un PC, un Macbook, deux enceintes, une carte externe, un clavier maître M-AudioAxiom 49, 1 synthé Roland et 1 AKAI MPC.

alt

C’était comment votre première soirée au célèbre club belge le Noxx à Anvers. Etait-ce une première pour vous de mixer dans un club d’une telle popularité ? En avez-vous gardé un bon souvenir?

Alex : J’avais déjà eu la chance de mixer dans de grands clubs en Chine mais l’ambiance était un peu différente d’ici. Depuis qu’on a mis les pieds au Noxx il y a deux ans avec Renaud, nous nous sommes dit qu’on mixerait peut-être un jour ici, mais ce n’était qu’un rêve. Aujourd’hui on y est résident.

Renaud : Oui, c’était pour nous la première grosse soirée en boite, c’est-à-dire avec carte blanche sur notre playlist et tout ce qui s’en suit. Après avoir remporté le Dj Contest à la Oh Oui Beach (organisée par Pierre Kuppens), on nous a proposé de venir mixer au Noxx pour la réouverture de la Salle Noire. Aujourd’hui être résident là bas, c’est tout juste énorme.

Est-ce important pour vous d'être proche du public ? Cela a-t-il de l’influence sur le succès?

Alex : C’est super important d’être proche du public, je pense que c’est le meilleur moyen de percer dans ce milieu. Jouer les stars n’est pas notre truc.
Renaud : Près du public ? Je pense que tu veux entendre par là qu’on est à l’écoute de ce que les gens veulent ou aiment entendre. Si c’est cela, je répondrai que oui et non. Oui dans le sens où il faut tout de même jouer des morceaux que les gens aiment ou reconnaissent. Et non, parce que, étant un anticonformiste, j’aime jouer des trucs que personne d’autre aurait déjà pu jouer avant nous. On a des versions exclusives et tout cela. C’est un énorme bonheur pour moi que de faire découvrir des sons aux gens. Sinon, je pense qu’écouter la radio pourrait amplement satisfaire leurs envies.

Donc voilà, je le redis, je suis quelqu’un qui aime être original dans la sélection de morceaux.
Quant à l’influence que cela pourrait avoir sur le succès, je ne sais pas. Je n’ai pas la prétention d’être un bon dj, je n’ai pas la prétention d’être connu, donc je ne saurai pas répondre à cette question.

alt

Comment concevez-vous l’évolution de la house?

Alex : Aujourd’hui, près de 50% de ce qu’on écoute en radio ou ailleurs sont des reprises de musiques déjà existantes. Le sampling est revenu à la mode et je pense que la musique continuera dans ce sens-là.

Renaud : PPPFFF…  grosse question là ! L’évolution de la house… Et bien écoute, à vrai dire je n’y suis que depuis quelques années, donc difficile d’y voir une véritable évolution ou d’en faire son anthologie. Mais voilà, c’est clair que depuis plusieurs années, on remarque énormément d’évolution. Ne serait-ce qu’au niveau des mélodies ou des instruments utilisés. Des duos comme Dimitri Vegas & Like Mike ont amorcé à mon sens une nouvelle ère à la house. Avec un style bien particulier, différent des gros classiques comme John Dahlback ou Erick Morillo, par exemple. Mais voilà, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, et chacun arrive à évoluer avec son temps.

Sur votre page Soundcloud, il est possible de découvrir une série de morceaux, englobant vos productions, des bootlegs ou bien des remixes. Quelles sont vos inspirations pour la réalisation de ces morceaux ? Avez-vous des influences musicales particulières ou un artiste qui vous a marqué plus qu’un autre?

Alex : Tout ce qui m’entoure m’inspire mais musicalement parlant, c’est surtout la house des années 80 et 90. Celui qui m’a donné vraiment envie de faire de la production, c’est Steve Angello.

Renaud : Alors là, question inspiration, on a de tout. Que ce soit la soul, le funk, la musique disco, la new-jack, la house, la trance, la progressive, la tech-house, et j’en passe. Il y a tellement d’inspiration et d’influences que j’ai du mal à te donner une réponse claire et précise. Je pense qu’on arrive très vite à se laisser influencer par des sons qui nous marquent et nous plaisent. Donc à partir de ce moment là, je pense qu’on essaye de trouver des alternatives en pensant à des bootlegs ou à des versions différentes des morceaux originaux. Et parfois, nous sommes un peu surpris car ce à quoi nous pensions a déjà été fait par d’autres. Donc on cherche d’autres solutions à ce « problème ».


Blackwhited @ Dj contest OhOui! Beach 2010

Votre coup de cœur et votre coup de gueule pour l’année 2010 ?

Alex : Mon coup de cœur de l’année, musicalement parlant, c’est Max Vangeli et AN21. Ils ont explosé cette année sur la scène internationale et on retrouve toujours minimum deux de leurs productions dans chacun de nos sets.

Renaud : Mon coup de cœur ? Pfff question difficile ! Moi perso, je ne saurais pas te donner un seul coup de cœur, j’ai tellement de bombes qui me viennent à l’esprit que c’est impossible de n’en citer qu’une. Et coup de gueule, et bien, peut-être Arias… ! Ce mec est un génie, il te sort des tueries tout le temps mais elles ne sont pas souvent réalisées. Je m’explique. Il balance toujours des sons à lui pendant ses sets, mais il n’y a que lui qui les a ! Elles ne sortent jamais en version officielle. Donc voilà, je reste sur ma faim. D’ailleurs, petit mot à Arias : si tu lis ceci, pense à moi et sors tes sons… !

alt

Quels sont vos projets pour l’année 2011 ? Quelques informations en avant-première à nous donner ?

Alex : Nous sommes entrain de préparer un morceau avec ce que je peux appeler des deejays superstars.

Pour conclure cette interview, avez-vous un mot à dire à nos lecteurs?

Bien sûr. Comme toujours. Nous sommes partis de rien. Nous sommes juste deux mecs qui sont branchés musique depuis qu’ils sont en âge d’avoir des oreilles. Donc voilà, j’ai juste un mot à dire à ceux qui pensent que c’est impossible. Il faut savoir y aller, étendre le pied pour coincer la porte et se donner l’occasion de faire ce dont on a envie.

Sans prétention aucune, parce que voilà, on n’est pas Axwell, mais je suis fier d’être où je suis maintenant. Et je pense pouvoir parler au nom d’Alex également.
J’aimerais que les personnes qui nous ont soutenus depuis le début, proches et moins proches, amis, pas amis, vieux, jeunes, moches, beaux, … (on dirait un peu la fameuse phrase de Coluche en fait). Enfin bref, j’aimerais que tout le monde sache que c’est un immense plaisir de savoir qu’il y a un soutien derrière nous.

Merci à vous d’avoir accepté cette interview et bonne continuation dans votre carrière musicale.
Vous pourrez les retrouver tous les premiers samedi du mois au célèbre club le Noxx à Anvers (Salle Noire).
Pour suivre l’actualité de ce groupe, adhérez à leur page SoundCloud ou leur Facebook (liens ci-dessous) !



Websites :
http://twitter.com/#!/Blackwhited
http://soundcloud.com/blackwhited
http://www.facebook.com/pages/Blackwhited/115779575125601
http://www.blackwhited.com/
Photos by Maxime Hacourt & Samuel Szepetiuk