Avant d’attaquer le débriefing de ce festival, rappelons que Tomorrowland n’est pas né de la dernière pluie. Il s’agit de la petite sœur du grand festival Mysteryland d’ID&T organisé annuellement, aux Pays-Bas, et ce depuis 1993 soit l’un des plus vieux festivals du genre. Ce dernier a changé de multiples fois de lieux, passant même par des indoors tel le Jaarbeurs d’Utrecht, s’étalant sur trois jours avant de revenir à un seul jour, organisé en 1997 trois fois sur une seule année alors que l’édition 1995 fut carrément annulée.
Tomorrowland a été créé en 2005 sur cette base et est passé d’un jour à deux, avec une édition dont le camping était situé au-dessus de la butte du Mainstage, puis à présent trois jours plus un jour de warm up sur un camping qui désormais porte un nom : Dreamville. Le site s’est considérablement agrandi, et l’évolution du festival dans sa globalité est significative. C’est dans l’évolution de la Mainstage d’année en année qu’on le constate le plus, l’an dernier ayant été la plus marquante. On y avait un poussé un énorme « waoh » en découvrant la Mainstage, et le festival s’était encore agrandi davantage. Cette année, on dénombrait 14 stages, chaque jour.
Ce qui aura surpris tout le monde pour cette édition est la rapidité des ventes. En 2009 soit le cinquième anniversaire de Tomorrowland, le dimanche tomba sold out au cours de la journée. Certains s’y étaient donc rendus pour découvrir que les guichets avaient été fermés inopinément ! L’an dernier, c’est à peu près 10 jours avant la date que tout le week-end tomba sold out, dès lors on pouvait s’attendre à ce que cela soit encore plus rapide cette année… Mais de là à ce que le samedi et le dimanche, ainsi que tous les combos regular / VIPs tombent sold out en l’espace de 5 jours soit près de 180 000 tickets vendus à 49 nationalités différentes ( !), cela tient de la démence !! A signaler que les billets furent officiellement mis en vente un samedi à 10h, mais que concrètement on pouvait commencer à les acheter au moins une grosse heure avant. Gageons que l’an prochain, il faudra être présent le jour de la mise en vente des places pour être certain d’acquérir son ticket. D’ici là, on espère que soit ID&T aura change de partenaire en billetterie, soit que Timoco se sera renforcé, car le rush de cette année aura méchamment mis à mal leur site, plutôt instable, avec parfois jusqu’à 10 minutes pour qu’un click sur une place se concrétise en une place dans votre panier d’achat.
Parmi la pléthore de deejays présents cette année, BEAUCOUP de gros noms, et ce dans tous les styles. Il fallait franchement être difficile pour y trouver à redire ! David Guetta fut headliner du dimanche, Tiësto du samedi et Faithless le vendredi. Ce dernier jour ne remporta pas la même adhésion du public et les day tickets mirent davantage de temps à s’écouler. Soit poser un jour de congé ce vendredi (première Tomorrowland un jour de semaine) fut difficile pour beaucoup (et encore, la veille était le 21 juillet donc férié belge), soit Faithless ne plaisait pas. ID&T a du supposer que la deuxième raison était la plus valide des deux, aussi ils ont ajouté ultérieurement la Swedish House Mafia pour closing.
DREAMVILLE
Il y avait donc un jour férié la semaine de la Tomorrowland disais-je… Que cette dernière s’organise l’avant-dernière semaine de juillet et non plus la dernière n’était sans doute pas anodin : le jeudi 21 juillet fut déclaré…fête nationale, aussi peu sérieux cet événement puisse-t-il être cette année en l’absence d’un gouvernement, et donc il fut surtout déclaré ouverture des festivités / hostilités sur le site du camping avec un warm up / barbecue organisé tout au long de cette journée pour 30 000 campeurs au lieu des 25 000 de 2010. Déjà l’an dernier avait lieu un warm up toute la journée avec le stage Push It, et il remporta un franc succès compte tenu du monde déjà présent en fin d’après-midi. Nous avions donc décidé de prendre les devants cette année en arrivant peu avant l’heure d’ouverture à 11h. Cependant, tout le monde semble avoir eu la même idée et l’heure d’ouverture du camping a été celle d’un véritable rush, avec deux « zones » bouclées en un peu plus d’une heure (le camping était cette année divisée en zones de couleur : Blue, Purple, Red, Green, etc.), 40 minutes de file pour échanger ses eTickets contre des bracelets, une fouille…inexistante (dans un sens, heureusement, sans quoi le temps d’attente eut été allongé) et une gestion des campeurs par l’organisation malheureusement toujours aussi peu adaptée…
Une fois dans l’enceinte de Dreamville, on ne sait pas trop vers où aller, personne ne peut nous dire avec précision si oui ou non il reste de la place dans telle ou telle zone, et en parallèle à cela un de nos groupes n’a pas pu nous rejoindre car il a été bloqué dans une zone accédée via une autre entrée. L’accès à une zone se fait toujours « à la corde » : des membres de l’organisation reculent petit à petit une corde et les campeurs n’ont qu’à s’installer au fur et à mesure que la corde recule. Du coup, certains jouent des poings pour s’accaparer un petit peu de terrain pour son groupe, d’autres posent leur chaise et n’en bougent plus pour délimiter leur territoire. Quant à nous, nous avons eu la chance d’être à l’extrémité d’une zone et donc sans personne derrière nous pour nous repousser. Avoir une tente Quechua est fortement recommandé afin de pouvoir rapidement s’installer. Au final, nous disposerons donc cette année d’un espace raisonnable nous permettant d’étendre chaises et table. On se demande toujours comment font ceux qui ont une tonnelle à planter…
Je repars ensuite avec deux personnes vers la voiture pour reprendre le reste du matos, et là, c’est la douche. Une pluie intense s’abat sur le camping. En l’espace de quelques instants, la terre devient boue. Cela ne s’améliorera pas la nuit avec une pluie continue qui rend la totalité du camping boueux. Des planches ? Il n’y en avait quasiment pas. Le port de bottes qu’heureusement j’avais apportées était plus que recommandé ! Il était pourtant annoncé bien assez tôt que la météo allait être médiocre ce week-end… ?
A la manière d’ouvriers communaux, l’organisation commence ça et là de « petits chantiers », c’est-à-dire apposer des planches un peu partout mais jamais de quoi compléter tout un sentier. On marche donc sur trois planches puis on se retrouve dans la boue. La situation va s’améliorer de jours en jours avec près de notre camp une rangée de planches posées verticalement donc avec passage délicat de deux personnes par planche (or, il s’agissait du chemin aller et du chemin retour) puis, au bout de deux à trois jours, enfin tout le camping est recouvert de planches.
La salubrité n’est pas non plus le point fort de ce camping. On trouve bien quelques poubelles mais il manque surtout des bennes à ordure pour que les gens puissent y jeter de gros sacs de déchets. J’ai rempli une poubelle rien qu’avec mon sac, ce n’est donc pas envisageable que tout le monde fasse de même ! Et encore, il fallait avoir pensé à amener des sacs avec soi… Le camping est rapidement devenu un vaste dépotoir pas très beau à voir au bout de quatre jours. Un système à la Nature One avec sacs payants distribués à l’entrée et remboursés une fois ramenés (plein ou vides à la fin du camping) devrait être envisagé. Le must serait l’ajout de points d’eau, toujours utile pour moult choses. Concrètement, alors que la mise sur pied d’un site Internet et d’un nom pour ce camping augurait du meilleur, l’augmentation de prix de 6,50€ n’aura révélé aucun changement notoire. N’ayant connu que deux campings festival jusqu’à présent, j’ignore si je suis trop exigeant en prenant la Nature One en référence ou pas mais le prix (presque le tiers d’un jour Tomorrowland !) me pousse à me montrer sévère.
C’est franchement regrettable car certains déjà annoncent qu’on ne les y reverra plus l’an prochain, or ce camping n’est pas si mauvais en soi ! Il permet tout d’abord d’y retrouver ou de faire connaissance avec beaucoup de gens qu’on ne rencontrerait pas dans sa chambre d’hôtel. Il permet aussi de rester dans l’ « ambiance festival », une ambiance amorcée dès le jeudi 21 avec un stage warm up décoré par des tentes Quechua ( !) et offrant une excellente ambiance. On regrette seulement que les derniers deejays, le « surprise guests », soit encore et toujours Dimitri Vegas & Like Mike. Bref, se retrouver entre festivaliers chaque matin pour lancer l’apéro et chaque soir pour faire le débriefing du festival ne peut se faire efficacement qu’à Dreamville. En soi, ce camping est assez cher et payer 5€ pour un burger pas même garni d’une feuille de salade ou d’oignons est plutôt scandaleux, mais on y trouve de nombreuses facilités comme un stand permettant de gonfler vos matelas, de recharger des portables ou appareils photos, un stand pour y laver/sécher ses vêtements (en marketing, on appelle cela une « niche », soit une opportunité intelligente compte tenu de la situation pluvieuse), des lavabos sous tente avec miroir, deux zones distinctes regroupant douches / snacks / etc. pour ne pas que les plus éloignés doivent parcourir tout le camping afin de se laver, la présence d’une « radio Tomorrowland » qui étonnamment ne tape pas que dans de l’EDM de type clubbing mais va chercher plus loin et ça n’est pas plus mal (par contre, il faut à tout prix éviter d’être dans la zone d’où le son est diffusé dès 7h du mat’), la distribution quotidienne de « journaux Tomorrowland » avec les nouvelles fraiches du jour ainsi que des interviews et photos de la veille le tout en anglais, et le must de cette année : une échoppe Carrefour Express pour y faire tous ses achats courants. A signaler qu’il existe un autre Carrefour dans la ville, à 10 minutes du camping, mais qu’il y a en fait autant de monde qu’à celui du camping au point d’être sécurisé par des vigiles qui distillent le nombre de personnes pouvant rentrer. Toutefois, si vous avez l’apparence d’une personne du quartier ou d’une personne âgée, vous rentrez tout de suite. A noter qu’on y vend aussi cigarettes et alcool, au contraire du Carrefour Express du camping. Un autre opportuniste a planté un snack de burgers près de ce Carrefour de ville ; très futé encore une fois ! Autre astuce à savoir : les burgers vendus devant l’entrée du camping sont moins chers que dans Dreamville même.
Malgré ces quelques critiques, je n’ai pas envie d’enterrer ce camping Dreamville auquel j’étais – parait-il, mais j’exige des preuves !! – déjà bien éméché après une journée et qui nous aura permis cette année de faire connaissance avec le groupe bien sympas du Be-Danceux Pimpim, un groupe très éclectique également. Espérons donc une amélioration pour l’an prochain afin que cette expérience de la Tomorrowland soit vraiment complète ! Pour ceux qui n’ont pas été effrayés par mon report, je leur conseille vivement d’arriver un jour avant le festival, et tôt, d’abord pour y trouver de la place, mais surtout pour bénéficier de la seule journée où vous pourrez réellement être entre amis (par la suite, nous avons été éclaté sur plusieurs stages), soit près de vos tentes à prendre l’apéro, ou encore sur le stage Push It. C’est vous qui voyez !
TOMORROWLAND
On se rend à la Tomorrowland depuis le camping via un long couloir encadré qui traverse les champs. On apprécie cette année le « pit stop » à mi-parcours où se trouve deux snacks de burgers/frites, pour ceux qui trouveraient la route longue et auraient besoin d’une petite pause ! Qu’il pleuve ou qu’il fasse beau, qu’il fasse plein jour ou pleine nuit, on profite aussi en continu de cris d’oiseaux matinaux…rendus par des baffles dissimulés derrière les « murs » de ce couloir :-)
Aux portes du festival, d’une part, on note une grande présence policière à l’entrée (pas très large), mais d’autre part on déplore la fouille qui ne sert…A RIEN ! Les vigiles semblent passer davantage de temps à fouiller les sacs pour en sortir des boissons et de la nourriture (afin qu’on consomme davantage sur place ?) qu’à chercher drogue et objets dangereux… Comme l’an dernier, à cette entrée du festival on ne reçoit pas de timetable / floorplan ; il faut se rendre à l’autre entrée pour en avoir, mais la plus grande aberration est pour tout ceux qui aurait acheté un eTicket pour les lockers : ces derniers ne peuvent pas être scannés de ce coté du festival. Il faut donc se rendre de l’autre coté, c’est-à-dire complètement à l’opposé de l’entrée du camping pour acquérir un locker. Non-sens !!
Enfin, nous découvrons la Mainstage de la plus belle des manières : en arrivant du haut de la colline qui dévoile à chacun de nos pas un peu plus de cette structure. Cette année, contrairement à l’an dernier, pas de grande révolution. On reste dans la continuité et l’on retrouve par ailleurs certains éléments du décor de l’an dernier comme les fleurs à jets d’eau, sans compter qu’on savait déjà tous que cette année serait celle d’un tronc d’arbre avec des yeux (le trip des objets centraux avec des yeux existe maintenant depuis 2008), mais indubitablement cela reste d’une TRES grande beauté, pour un rendu très impressionnant. La « sécheresse » de l’an dernier avait asséché toute la colline alors faite de terre et qui dégageait beaucoup de poussière ; très désagréable en y étant couché. Cette année, elle est verdoyante (mais sera très vite « labourée » après 3 jours de festival) et on se délecte de s’y coucher avec un bon p’tit verre de Mojito en main, le seul coktail disponible ici. On retrouve aussi en aval les deux grandes estrades plates au-dessus des bars pour qui veut prendre de la hauteur, et une zone à flanc de colline sur laquelle ID&T avait installé une sorte de tapis pour s’y poser. La zone VIP, quant à elle, a été repoussée à l’extrême droite et ne nous gêne donc plus du tout en haut de la colline. Extra ! Pour finir, le Main a été légèrement tourné vers le flanc gauche, ce qui permet aux gens situés sur ce flanc d’apprécier davantage la vue du Main et offrir ainsi plus de possibilité de placement pour plus de monde. Pour vraiment qui ne trouverait pas de place, un rappel de baffles a été posé tout en haut de la colline pour bénéficier du son, mais sans la vue. Enfin, le Main est accessible depuis la droite ou la gauche en venant de l'entrée principale, et plutôt que d’afficher d’horribles structures, l’arrière du Main a été décoré ! En-dessous, dans le couloir reliant les deux extrémités du Main, un mur reprenant toutes les anciennes décos en photos permet de bien se rendre compte de l’évolution du festival.
Comme chaque année à présent, la moindre parcelle de ce vaste terrain de jeu a été décorée, et même la plus petite scène de ce festival fait son p’tit effet, quant elle n’est pas carrément kitsch. On trouve aussi des lasers à beaucoup d’endroits tels la scène Trance Addict / Kozzmozz / Dim Mak et Untitled ! / Group Therapy / La Rocca. Le Café d’Anvers n’est enfin plus au milieu du jeu de quilles et est remplacé par un stage « alternatif » avec tables et bancs pour s’asseoir posément. La fameuse « grotte » Ketaloco, très petite mais kitsch au possible, répond encore une fois présente et ne désemplit jamais ! La tente Trance Addict / Kozzmozz / Dim Mak consiste en une scène centrale qui malheureusement pivote rarement compte tenu que la moitié du dancefloor est souvent peu fréquentée, et le tout est garni de bonbons emballés (clin d’œil au gâteau géant de l’an dernier ?). Le « Castle » Carl Cox & Friends / I Love The 90s / Evolution bénéficie cette fois d’une déco à part entière qui représente plus ou moins un château oriental. On y retrouve les fleurs à jet d’eau du Main. Bien sûr, le Versuz fait encore très fort avec une imposante déco mais un son BEAUCOUP trop puissant pour qui ne porte pas de protections. Coté nourriture, toute la malbouffe possible est présente : des pitas aux pizzas en passant par les pâtes, les burgers / frites, les paëllas, du « 100% healthy food » et le plus rentable tant il est nourrissant : les burgers premium de De Burgerij. Deux stands merchandising sont présents et il faut savoir qu’on y trouve aussi les stuffs des deejays présents le jour courant, comme des affaires Tiësto le samedi ou du Paul van Dyk le dimanche. Je suis personnellement déçu du design (un seul) des t-shirts de cette année du fameux Le Coq Sportif mais beaucoup m’ont dit penser l’inverse. Les points bars / tickets sont présents en suffisance, et même les toilettes se sont améliorées avec des « refreshment point », comprenez lavabos / miroirs et parfois parfums / déodorants ! Les toilettes près du Castle sont carrément équipées de chasse d’eau ; la grande classe ! Enfin, des ponchos sont prévus gratuitement à chaque bar et à l’entrée principale où se situent les timetables. La gratuité de ces ponchos n’est pourtant pas systématique à chaque festival… Enfin, je n’ai pas pu la tester mais l’application Tomorrowland pour smartphones semblait complète, avec le floorplan bien sûr mais aussi une disposition en vis-à-vis de chaque stage pour voir précisément quel deejay joue en même temps que quels autres (ce qui fait directement concurrence à ma timetable personnalisée), et la possibilité de localiser sa position sur ce plan ainsi que celle de ses amis. Pratique pour les retrouver.
On trouve du monde partout, sur chaque stage, et cela fait plaisir d’y voir une telle diversité ! L’ambiance ? Elle était planante lorsque nous étions sur Nic Fanciulli au Café d’Anvers, sérieuse et plus hard pendant Dettman & Fenger sur le Kozzmozz, très familière durant Tydi en Trance-Addict - ce dernier étant visiblement très enthousiaste d’être là, festive chez Q-Dance notamment pendant Technoboy aux platines d’un clown géant avec distribution de marteaux de clown en plastique et de nez de clown qui se sont bien vite retrouvés sur tous les autres stages, et folle en Smash The House. Tout le monde aura sans doute déjà été voir les vidéos de David Guetta, alors je vais vous en laisser une sur Avicii qui témoigne de cette belle ambiance :
Je ne vais pas, comme à mon habitude, détailler mon passage sur chaque stage pendant ces trois jours, mais sachez que nous nous sommes plu sur tous les styles, partout où nous avons été ! Le plus fort fut de retrouver fréquemment et un peu partout des connaissances, par hasard, parmi ces 60 000 festivaliers quotidiens ! Et c’est formidable de se retrouver le soir et de constater que des personnes ayant vécu une journée très différente de la vôtre en ressortent tout de même avec beaucoup de positif mais dans un style différent. Inévitablement, en les écoutant vous avez l’impression d’avoir manqué des tas de deejays qui semblent tous avoir donné le meilleur d’eux-mêmes et offert une expérience épique à leur public. En parlant de deejay, plusieurs sont revenus en vantant le public belge. Je pense notamment à Avicii qui a posté une vidéo en ce sens (celle ci-dessus). Même si l’annonce par Internet d’un deejay par jour depuis le 1e janvier 2011 fut cette année moins bien gérée qu’en 2010, avec des jours sans annonce puis trois deejays sortis en un jour, la line-up finale a réellement repris le meilleur de chaque genre.
Chaque journée s’est clôturée cette année encore par un feu d’artifice sur trois stages différents : le MainStage, le « Castle » et un beaucoup plus petit sur le Q-Dance. Grandiose, bien que cette fois encore aucun d’eux n’a pu égaler la synchronisation magique sur celui de 2009 avec Moby.
Ces shows étaient certes fixés à des heures précises, cependant non seulement nous avons cette année eut droit à un regain de pyrotechnie sur le Main chaque soir un quart d’heure avant la fin, mais de plus les gars de la régie se sont lâchés et n’ont pas manqué de balancer fréquemment quelques effets fireworks et autres à des moments inopinés, ce qui faisait bien plus « vrai » ! J’ai toujours reproché à ID&T de ne balancer du show qu’à des moments-clés schedulés, mais cette année fut davantage freestyle. Chaque journée était de plus parsemée de petits shows : des danseuses sur scène, des lâchés de ballons ou de confettis, des animations près du logo Tomorrowland près du pont suspendu qui rejoint le Main, le Sex Hôtel, les trips Q-Dance, la distribution de LEDs pendant le set de Swedish House Mafia et cela nous aura réellement captivé pendant plus d’un quart d’heure de voir tous ces gens dans la fosse agiter leurs petits batons et une poignée qui couraient pour en ramener en haut de la colline, tout cela et beaucoup d’autres. Bien sûr, le show laser était époustouflant avec cette année des lasers sur les rebords de la colline. Chaque soirée eut d’ailleurs son lot d’exclusivités. Ainsi, les LEDs n’ont été distribués que le vendredi. Ensuite, ID&T avait cette année préparé, sans doute à un moment où ils étaient particulièrement bien allumés, une petite vidéo de closing en rapport avec le trailer onirique et elle était différente de soir en soir. Le vendredi, on a eu droit sur les rebords de la colline à ces petites boules de lumières rouges très intenses, tandis que le samedi et le dimanche s’allumaient sur scène des boules de lumières blanches envoyant des milliers de points blancs sur la structure du Main. Ces éléments renforcent considérablement l’esprit magique de cette Tomorrowland !
Pour ma part, j’aurai grandement apprécié – en vrac et sans tous les citer – Sander van Doorn pour l’énergie durant son set techniquement implacable (comme toujours) et la réactivité de son public, Markus Schulz devant une scène malheureusement trop grande pour un public trance trop petit, Steve Aoki qui s’asperge de champagne en sautant sur un trampoline pendant que son petit bateau gonflable fait le tour du public, Martin Solveig et son crowd surfing même s’il a été plus rockstar que deejay pendant son set, les Dada Life complètement marteaux qui balancent des bouteilles de champagne géantes dans le public et en font des tonnes pour exprimer leur joie, Technoboy pour un set qui ne fut pas 100% promo TNT mais varié et parfois rétro, Sasha pour mon court moment progressive très mélodique et planante en buvant un jus d’orange, Style Of Eye pour la diversité de ses tracks choisies (et FormaT a toujours été une organisation à part intéressante pour cela), la Swedish House Mafia pour leur talent en mash up efficaces et du commercial sérieusement bon qu’on n’a pas honte d’aimer, Tiësto parce qu’on l’attendait depuis très longtemps et que son coté américain le pousse à jouer de la house telle qu’on n’en avait pas encore entendu jusque là, Laidback Luke qui fut l’apogée de mon trip « Eristoff Black » du dimanche (la moitié de mon budget boissons du week-end) – un grand moment sur son set, et Paul van Dyk parce que c’est pendant son set que j’ai le plus apprécié un feu d’artifice ce week-end.
Faithless aura été une déception pour beaucoup, au final trop mou et dans des versions de leurs tracks qui ne plaisaient pas toujours, le tout bien différent de leur performance en concert. Quant à Dimitri Vegas & Like Mike, deux deejays qui semblent venus de nulle part, ils n’ont sans doute pas été mis au courant que Faithless & Swedish House Mafia avaient clôturé un jour plus tôt, et donc ils nous ont passé beaucoup de tracks doublons tout en réalisant la prouesse de ne pas en mixer une seule ! Que des transitions cassées tandis que l’un des deux, davantage rappeur que deejay, faisait son show au micro. On comprend mal pourquoi ID&T les pousse autant vers l’avant avec trois deejay sets sur le week-end, une présence à beaucoup d’autres festivals, deux anthems consécutifs et trois CDs officiels Tomorrowland mixés en deux ans.
RTL-TVI fut l’un des premiers médias belges à enfin évoquer ce festival électronique, en parlant de « parc d’attractions » donnant l’impression aux clubbeurs d’être chez « Alice Au Pays De La Musique ». C’est tout à fait ce que c’est… Un rêve, une réelle coupure du monde pendant 4 jours. Pendant ce festival, j’ai vaguement entendu parler d’un drame en Norvège, et l’an dernier il y avait eu un drame à la Love Parade, mais pour nous tous, seul le bon son a compté ce week-end. Pour peu que vous soyez un tant soit peu éclectique, il faudrait au moins revivre trois fois ce festival pour écouter tous les bons deejays qui s’y trouvent.
Un tout grand merci à ID&T pour cette expérience unique ! Le prix et la peur d’un gros manque de sommeil, voire de lassitude, m’avait fait dire que trois jours de festival seraient de trop, mais il n’en est rien. Bien que le prix commence à être difficile à suivre (j’ai pour ma part dépensé plus de 400€ en un week-end soit le prix de vacances all-in à l’étranger), il y a beaucoup d’efforts, beaucoup de qualités, beaucoup de bons deejay sets fournis derrière cette organisation qui gère admirablement bien son business jusque sur Internet, et on ne peut qu’être fier d’avoir pu faire partie de cette édition 2011… Je sens déjà que les « heyyyyy, hoooooo » vont me manquer !
Après 129 events dans six pays différents, la Tomorrowland était et reste mon festival préféré de l’année. Plusieurs deejays l’attendent également impatiemment et en ont fait un incontournable de leur été, David Guetta en tête.
PS : contrairement à ce qu’on aurait pu penser, Save The World de la Swedish House Mafia ne fut pas la track la plus surjouée. J’ai dénombré 10 écoutes en un week-end. Le winner est pour moi Flash de Green Velvet remixé par Nicky Romero, parfois en mash up avec Intro de Sander van Doorn.
Tomorrowland & Dreamville 2011
Écrit par Reiko Jeudi, 28 Juillet 2011 13:31
C’est devenu un incontournable pour moi depuis 2006 et cela risque de le devenir pour beaucoup d’autres gens, si ce n’est déjà le cas : chaque fin du mois de juillet voit s’étendre en Belgique le festival Tomorrowland d’ID&T, qui existe depuis maintenant 7 ans et a déjà marqué l’Histoire de l’EDM de quelques souvenirs impérissables. Cette édition 2011 fut une fois de plus mémorable, d’une intensité rare, et d’une très grande beauté. La crème des deejays internationaux furent présents pour satisfaire le plus grand nombre de clubbeurs, quel que soit son style, et ce rêve s’est étalé sur trois jours cette année. Trois jours…était-ce une bonne idée ?! Contrairement à ce que je pensais : oui !Avant d’attaquer le débriefing de ce festival, rappelons que Tomorrowland n’est pas né de la dernière pluie. Il s’agit de la petite sœur du grand festival Mysteryland d’ID&T organisé annuellement, aux Pays-Bas, et ce depuis 1993 soit l’un des plus vieux festivals du genre. Ce dernier a changé de multiples fois de lieux, passant même par des indoors tel le Jaarbeurs d’Utrecht, s’étalant sur trois jours avant de revenir à un seul jour, organisé en 1997 trois fois sur une seule année alors que l’édition 1995 fut carrément annulée.
Tomorrowland a été créé en 2005 sur cette base et est passé d’un jour à deux, avec une édition dont le camping était situé au-dessus de la butte du Mainstage, puis à présent trois jours plus un jour de warm up sur un camping qui désormais porte un nom : Dreamville. Le site s’est considérablement agrandi, et l’évolution du festival dans sa globalité est significative. C’est dans l’évolution de la Mainstage d’année en année qu’on le constate le plus, l’an dernier ayant été la plus marquante. On y avait un poussé un énorme « waoh » en découvrant la Mainstage, et le festival s’était encore agrandi davantage. Cette année, on dénombrait 14 stages, chaque jour.
Ce qui aura surpris tout le monde pour cette édition est la rapidité des ventes. En 2009 soit le cinquième anniversaire de Tomorrowland, le dimanche tomba sold out au cours de la journée. Certains s’y étaient donc rendus pour découvrir que les guichets avaient été fermés inopinément ! L’an dernier, c’est à peu près 10 jours avant la date que tout le week-end tomba sold out, dès lors on pouvait s’attendre à ce que cela soit encore plus rapide cette année… Mais de là à ce que le samedi et le dimanche, ainsi que tous les combos regular / VIPs tombent sold out en l’espace de 5 jours soit près de 180 000 tickets vendus à 49 nationalités différentes ( !), cela tient de la démence !! A signaler que les billets furent officiellement mis en vente un samedi à 10h, mais que concrètement on pouvait commencer à les acheter au moins une grosse heure avant. Gageons que l’an prochain, il faudra être présent le jour de la mise en vente des places pour être certain d’acquérir son ticket. D’ici là, on espère que soit ID&T aura change de partenaire en billetterie, soit que Timoco se sera renforcé, car le rush de cette année aura méchamment mis à mal leur site, plutôt instable, avec parfois jusqu’à 10 minutes pour qu’un click sur une place se concrétise en une place dans votre panier d’achat.
Parmi la pléthore de deejays présents cette année, BEAUCOUP de gros noms, et ce dans tous les styles. Il fallait franchement être difficile pour y trouver à redire ! David Guetta fut headliner du dimanche, Tiësto du samedi et Faithless le vendredi. Ce dernier jour ne remporta pas la même adhésion du public et les day tickets mirent davantage de temps à s’écouler. Soit poser un jour de congé ce vendredi (première Tomorrowland un jour de semaine) fut difficile pour beaucoup (et encore, la veille était le 21 juillet donc férié belge), soit Faithless ne plaisait pas. ID&T a du supposer que la deuxième raison était la plus valide des deux, aussi ils ont ajouté ultérieurement la Swedish House Mafia pour closing.
DREAMVILLE
Il y avait donc un jour férié la semaine de la Tomorrowland disais-je… Que cette dernière s’organise l’avant-dernière semaine de juillet et non plus la dernière n’était sans doute pas anodin : le jeudi 21 juillet fut déclaré…fête nationale, aussi peu sérieux cet événement puisse-t-il être cette année en l’absence d’un gouvernement, et donc il fut surtout déclaré ouverture des festivités / hostilités sur le site du camping avec un warm up / barbecue organisé tout au long de cette journée pour 30 000 campeurs au lieu des 25 000 de 2010. Déjà l’an dernier avait lieu un warm up toute la journée avec le stage Push It, et il remporta un franc succès compte tenu du monde déjà présent en fin d’après-midi. Nous avions donc décidé de prendre les devants cette année en arrivant peu avant l’heure d’ouverture à 11h. Cependant, tout le monde semble avoir eu la même idée et l’heure d’ouverture du camping a été celle d’un véritable rush, avec deux « zones » bouclées en un peu plus d’une heure (le camping était cette année divisée en zones de couleur : Blue, Purple, Red, Green, etc.), 40 minutes de file pour échanger ses eTickets contre des bracelets, une fouille…inexistante (dans un sens, heureusement, sans quoi le temps d’attente eut été allongé) et une gestion des campeurs par l’organisation malheureusement toujours aussi peu adaptée…
Une fois dans l’enceinte de Dreamville, on ne sait pas trop vers où aller, personne ne peut nous dire avec précision si oui ou non il reste de la place dans telle ou telle zone, et en parallèle à cela un de nos groupes n’a pas pu nous rejoindre car il a été bloqué dans une zone accédée via une autre entrée. L’accès à une zone se fait toujours « à la corde » : des membres de l’organisation reculent petit à petit une corde et les campeurs n’ont qu’à s’installer au fur et à mesure que la corde recule. Du coup, certains jouent des poings pour s’accaparer un petit peu de terrain pour son groupe, d’autres posent leur chaise et n’en bougent plus pour délimiter leur territoire. Quant à nous, nous avons eu la chance d’être à l’extrémité d’une zone et donc sans personne derrière nous pour nous repousser. Avoir une tente Quechua est fortement recommandé afin de pouvoir rapidement s’installer. Au final, nous disposerons donc cette année d’un espace raisonnable nous permettant d’étendre chaises et table. On se demande toujours comment font ceux qui ont une tonnelle à planter…
Je repars ensuite avec deux personnes vers la voiture pour reprendre le reste du matos, et là, c’est la douche. Une pluie intense s’abat sur le camping. En l’espace de quelques instants, la terre devient boue. Cela ne s’améliorera pas la nuit avec une pluie continue qui rend la totalité du camping boueux. Des planches ? Il n’y en avait quasiment pas. Le port de bottes qu’heureusement j’avais apportées était plus que recommandé ! Il était pourtant annoncé bien assez tôt que la météo allait être médiocre ce week-end… ?
A la manière d’ouvriers communaux, l’organisation commence ça et là de « petits chantiers », c’est-à-dire apposer des planches un peu partout mais jamais de quoi compléter tout un sentier. On marche donc sur trois planches puis on se retrouve dans la boue. La situation va s’améliorer de jours en jours avec près de notre camp une rangée de planches posées verticalement donc avec passage délicat de deux personnes par planche (or, il s’agissait du chemin aller et du chemin retour) puis, au bout de deux à trois jours, enfin tout le camping est recouvert de planches.
La salubrité n’est pas non plus le point fort de ce camping. On trouve bien quelques poubelles mais il manque surtout des bennes à ordure pour que les gens puissent y jeter de gros sacs de déchets. J’ai rempli une poubelle rien qu’avec mon sac, ce n’est donc pas envisageable que tout le monde fasse de même ! Et encore, il fallait avoir pensé à amener des sacs avec soi… Le camping est rapidement devenu un vaste dépotoir pas très beau à voir au bout de quatre jours. Un système à la Nature One avec sacs payants distribués à l’entrée et remboursés une fois ramenés (plein ou vides à la fin du camping) devrait être envisagé. Le must serait l’ajout de points d’eau, toujours utile pour moult choses. Concrètement, alors que la mise sur pied d’un site Internet et d’un nom pour ce camping augurait du meilleur, l’augmentation de prix de 6,50€ n’aura révélé aucun changement notoire. N’ayant connu que deux campings festival jusqu’à présent, j’ignore si je suis trop exigeant en prenant la Nature One en référence ou pas mais le prix (presque le tiers d’un jour Tomorrowland !) me pousse à me montrer sévère.

C’est franchement regrettable car certains déjà annoncent qu’on ne les y reverra plus l’an prochain, or ce camping n’est pas si mauvais en soi ! Il permet tout d’abord d’y retrouver ou de faire connaissance avec beaucoup de gens qu’on ne rencontrerait pas dans sa chambre d’hôtel. Il permet aussi de rester dans l’ « ambiance festival », une ambiance amorcée dès le jeudi 21 avec un stage warm up décoré par des tentes Quechua ( !) et offrant une excellente ambiance. On regrette seulement que les derniers deejays, le « surprise guests », soit encore et toujours Dimitri Vegas & Like Mike. Bref, se retrouver entre festivaliers chaque matin pour lancer l’apéro et chaque soir pour faire le débriefing du festival ne peut se faire efficacement qu’à Dreamville. En soi, ce camping est assez cher et payer 5€ pour un burger pas même garni d’une feuille de salade ou d’oignons est plutôt scandaleux, mais on y trouve de nombreuses facilités comme un stand permettant de gonfler vos matelas, de recharger des portables ou appareils photos, un stand pour y laver/sécher ses vêtements (en marketing, on appelle cela une « niche », soit une opportunité intelligente compte tenu de la situation pluvieuse), des lavabos sous tente avec miroir, deux zones distinctes regroupant douches / snacks / etc. pour ne pas que les plus éloignés doivent parcourir tout le camping afin de se laver, la présence d’une « radio Tomorrowland » qui étonnamment ne tape pas que dans de l’EDM de type clubbing mais va chercher plus loin et ça n’est pas plus mal (par contre, il faut à tout prix éviter d’être dans la zone d’où le son est diffusé dès 7h du mat’), la distribution quotidienne de « journaux Tomorrowland » avec les nouvelles fraiches du jour ainsi que des interviews et photos de la veille le tout en anglais, et le must de cette année : une échoppe Carrefour Express pour y faire tous ses achats courants. A signaler qu’il existe un autre Carrefour dans la ville, à 10 minutes du camping, mais qu’il y a en fait autant de monde qu’à celui du camping au point d’être sécurisé par des vigiles qui distillent le nombre de personnes pouvant rentrer. Toutefois, si vous avez l’apparence d’une personne du quartier ou d’une personne âgée, vous rentrez tout de suite. A noter qu’on y vend aussi cigarettes et alcool, au contraire du Carrefour Express du camping. Un autre opportuniste a planté un snack de burgers près de ce Carrefour de ville ; très futé encore une fois ! Autre astuce à savoir : les burgers vendus devant l’entrée du camping sont moins chers que dans Dreamville même.
Malgré ces quelques critiques, je n’ai pas envie d’enterrer ce camping Dreamville auquel j’étais – parait-il, mais j’exige des preuves !! – déjà bien éméché après une journée et qui nous aura permis cette année de faire connaissance avec le groupe bien sympas du Be-Danceux Pimpim, un groupe très éclectique également. Espérons donc une amélioration pour l’an prochain afin que cette expérience de la Tomorrowland soit vraiment complète ! Pour ceux qui n’ont pas été effrayés par mon report, je leur conseille vivement d’arriver un jour avant le festival, et tôt, d’abord pour y trouver de la place, mais surtout pour bénéficier de la seule journée où vous pourrez réellement être entre amis (par la suite, nous avons été éclaté sur plusieurs stages), soit près de vos tentes à prendre l’apéro, ou encore sur le stage Push It. C’est vous qui voyez !
TOMORROWLAND
On se rend à la Tomorrowland depuis le camping via un long couloir encadré qui traverse les champs. On apprécie cette année le « pit stop » à mi-parcours où se trouve deux snacks de burgers/frites, pour ceux qui trouveraient la route longue et auraient besoin d’une petite pause ! Qu’il pleuve ou qu’il fasse beau, qu’il fasse plein jour ou pleine nuit, on profite aussi en continu de cris d’oiseaux matinaux…rendus par des baffles dissimulés derrière les « murs » de ce couloir :-)
Aux portes du festival, d’une part, on note une grande présence policière à l’entrée (pas très large), mais d’autre part on déplore la fouille qui ne sert…A RIEN ! Les vigiles semblent passer davantage de temps à fouiller les sacs pour en sortir des boissons et de la nourriture (afin qu’on consomme davantage sur place ?) qu’à chercher drogue et objets dangereux… Comme l’an dernier, à cette entrée du festival on ne reçoit pas de timetable / floorplan ; il faut se rendre à l’autre entrée pour en avoir, mais la plus grande aberration est pour tout ceux qui aurait acheté un eTicket pour les lockers : ces derniers ne peuvent pas être scannés de ce coté du festival. Il faut donc se rendre de l’autre coté, c’est-à-dire complètement à l’opposé de l’entrée du camping pour acquérir un locker. Non-sens !!
Enfin, nous découvrons la Mainstage de la plus belle des manières : en arrivant du haut de la colline qui dévoile à chacun de nos pas un peu plus de cette structure. Cette année, contrairement à l’an dernier, pas de grande révolution. On reste dans la continuité et l’on retrouve par ailleurs certains éléments du décor de l’an dernier comme les fleurs à jets d’eau, sans compter qu’on savait déjà tous que cette année serait celle d’un tronc d’arbre avec des yeux (le trip des objets centraux avec des yeux existe maintenant depuis 2008), mais indubitablement cela reste d’une TRES grande beauté, pour un rendu très impressionnant. La « sécheresse » de l’an dernier avait asséché toute la colline alors faite de terre et qui dégageait beaucoup de poussière ; très désagréable en y étant couché. Cette année, elle est verdoyante (mais sera très vite « labourée » après 3 jours de festival) et on se délecte de s’y coucher avec un bon p’tit verre de Mojito en main, le seul coktail disponible ici. On retrouve aussi en aval les deux grandes estrades plates au-dessus des bars pour qui veut prendre de la hauteur, et une zone à flanc de colline sur laquelle ID&T avait installé une sorte de tapis pour s’y poser. La zone VIP, quant à elle, a été repoussée à l’extrême droite et ne nous gêne donc plus du tout en haut de la colline. Extra ! Pour finir, le Main a été légèrement tourné vers le flanc gauche, ce qui permet aux gens situés sur ce flanc d’apprécier davantage la vue du Main et offrir ainsi plus de possibilité de placement pour plus de monde. Pour vraiment qui ne trouverait pas de place, un rappel de baffles a été posé tout en haut de la colline pour bénéficier du son, mais sans la vue. Enfin, le Main est accessible depuis la droite ou la gauche en venant de l'entrée principale, et plutôt que d’afficher d’horribles structures, l’arrière du Main a été décoré ! En-dessous, dans le couloir reliant les deux extrémités du Main, un mur reprenant toutes les anciennes décos en photos permet de bien se rendre compte de l’évolution du festival.
Comme chaque année à présent, la moindre parcelle de ce vaste terrain de jeu a été décorée, et même la plus petite scène de ce festival fait son p’tit effet, quant elle n’est pas carrément kitsch. On trouve aussi des lasers à beaucoup d’endroits tels la scène Trance Addict / Kozzmozz / Dim Mak et Untitled ! / Group Therapy / La Rocca. Le Café d’Anvers n’est enfin plus au milieu du jeu de quilles et est remplacé par un stage « alternatif » avec tables et bancs pour s’asseoir posément. La fameuse « grotte » Ketaloco, très petite mais kitsch au possible, répond encore une fois présente et ne désemplit jamais ! La tente Trance Addict / Kozzmozz / Dim Mak consiste en une scène centrale qui malheureusement pivote rarement compte tenu que la moitié du dancefloor est souvent peu fréquentée, et le tout est garni de bonbons emballés (clin d’œil au gâteau géant de l’an dernier ?). Le « Castle » Carl Cox & Friends / I Love The 90s / Evolution bénéficie cette fois d’une déco à part entière qui représente plus ou moins un château oriental. On y retrouve les fleurs à jet d’eau du Main. Bien sûr, le Versuz fait encore très fort avec une imposante déco mais un son BEAUCOUP trop puissant pour qui ne porte pas de protections. Coté nourriture, toute la malbouffe possible est présente : des pitas aux pizzas en passant par les pâtes, les burgers / frites, les paëllas, du « 100% healthy food » et le plus rentable tant il est nourrissant : les burgers premium de De Burgerij. Deux stands merchandising sont présents et il faut savoir qu’on y trouve aussi les stuffs des deejays présents le jour courant, comme des affaires Tiësto le samedi ou du Paul van Dyk le dimanche. Je suis personnellement déçu du design (un seul) des t-shirts de cette année du fameux Le Coq Sportif mais beaucoup m’ont dit penser l’inverse. Les points bars / tickets sont présents en suffisance, et même les toilettes se sont améliorées avec des « refreshment point », comprenez lavabos / miroirs et parfois parfums / déodorants ! Les toilettes près du Castle sont carrément équipées de chasse d’eau ; la grande classe ! Enfin, des ponchos sont prévus gratuitement à chaque bar et à l’entrée principale où se situent les timetables. La gratuité de ces ponchos n’est pourtant pas systématique à chaque festival… Enfin, je n’ai pas pu la tester mais l’application Tomorrowland pour smartphones semblait complète, avec le floorplan bien sûr mais aussi une disposition en vis-à-vis de chaque stage pour voir précisément quel deejay joue en même temps que quels autres (ce qui fait directement concurrence à ma timetable personnalisée), et la possibilité de localiser sa position sur ce plan ainsi que celle de ses amis. Pratique pour les retrouver.
On trouve du monde partout, sur chaque stage, et cela fait plaisir d’y voir une telle diversité ! L’ambiance ? Elle était planante lorsque nous étions sur Nic Fanciulli au Café d’Anvers, sérieuse et plus hard pendant Dettman & Fenger sur le Kozzmozz, très familière durant Tydi en Trance-Addict - ce dernier étant visiblement très enthousiaste d’être là, festive chez Q-Dance notamment pendant Technoboy aux platines d’un clown géant avec distribution de marteaux de clown en plastique et de nez de clown qui se sont bien vite retrouvés sur tous les autres stages, et folle en Smash The House. Tout le monde aura sans doute déjà été voir les vidéos de David Guetta, alors je vais vous en laisser une sur Avicii qui témoigne de cette belle ambiance :
Je ne vais pas, comme à mon habitude, détailler mon passage sur chaque stage pendant ces trois jours, mais sachez que nous nous sommes plu sur tous les styles, partout où nous avons été ! Le plus fort fut de retrouver fréquemment et un peu partout des connaissances, par hasard, parmi ces 60 000 festivaliers quotidiens ! Et c’est formidable de se retrouver le soir et de constater que des personnes ayant vécu une journée très différente de la vôtre en ressortent tout de même avec beaucoup de positif mais dans un style différent. Inévitablement, en les écoutant vous avez l’impression d’avoir manqué des tas de deejays qui semblent tous avoir donné le meilleur d’eux-mêmes et offert une expérience épique à leur public. En parlant de deejay, plusieurs sont revenus en vantant le public belge. Je pense notamment à Avicii qui a posté une vidéo en ce sens (celle ci-dessus). Même si l’annonce par Internet d’un deejay par jour depuis le 1e janvier 2011 fut cette année moins bien gérée qu’en 2010, avec des jours sans annonce puis trois deejays sortis en un jour, la line-up finale a réellement repris le meilleur de chaque genre.

Chaque journée s’est clôturée cette année encore par un feu d’artifice sur trois stages différents : le MainStage, le « Castle » et un beaucoup plus petit sur le Q-Dance. Grandiose, bien que cette fois encore aucun d’eux n’a pu égaler la synchronisation magique sur celui de 2009 avec Moby.
Ces shows étaient certes fixés à des heures précises, cependant non seulement nous avons cette année eut droit à un regain de pyrotechnie sur le Main chaque soir un quart d’heure avant la fin, mais de plus les gars de la régie se sont lâchés et n’ont pas manqué de balancer fréquemment quelques effets fireworks et autres à des moments inopinés, ce qui faisait bien plus « vrai » ! J’ai toujours reproché à ID&T de ne balancer du show qu’à des moments-clés schedulés, mais cette année fut davantage freestyle. Chaque journée était de plus parsemée de petits shows : des danseuses sur scène, des lâchés de ballons ou de confettis, des animations près du logo Tomorrowland près du pont suspendu qui rejoint le Main, le Sex Hôtel, les trips Q-Dance, la distribution de LEDs pendant le set de Swedish House Mafia et cela nous aura réellement captivé pendant plus d’un quart d’heure de voir tous ces gens dans la fosse agiter leurs petits batons et une poignée qui couraient pour en ramener en haut de la colline, tout cela et beaucoup d’autres. Bien sûr, le show laser était époustouflant avec cette année des lasers sur les rebords de la colline. Chaque soirée eut d’ailleurs son lot d’exclusivités. Ainsi, les LEDs n’ont été distribués que le vendredi. Ensuite, ID&T avait cette année préparé, sans doute à un moment où ils étaient particulièrement bien allumés, une petite vidéo de closing en rapport avec le trailer onirique et elle était différente de soir en soir. Le vendredi, on a eu droit sur les rebords de la colline à ces petites boules de lumières rouges très intenses, tandis que le samedi et le dimanche s’allumaient sur scène des boules de lumières blanches envoyant des milliers de points blancs sur la structure du Main. Ces éléments renforcent considérablement l’esprit magique de cette Tomorrowland !
Pour ma part, j’aurai grandement apprécié – en vrac et sans tous les citer – Sander van Doorn pour l’énergie durant son set techniquement implacable (comme toujours) et la réactivité de son public, Markus Schulz devant une scène malheureusement trop grande pour un public trance trop petit, Steve Aoki qui s’asperge de champagne en sautant sur un trampoline pendant que son petit bateau gonflable fait le tour du public, Martin Solveig et son crowd surfing même s’il a été plus rockstar que deejay pendant son set, les Dada Life complètement marteaux qui balancent des bouteilles de champagne géantes dans le public et en font des tonnes pour exprimer leur joie, Technoboy pour un set qui ne fut pas 100% promo TNT mais varié et parfois rétro, Sasha pour mon court moment progressive très mélodique et planante en buvant un jus d’orange, Style Of Eye pour la diversité de ses tracks choisies (et FormaT a toujours été une organisation à part intéressante pour cela), la Swedish House Mafia pour leur talent en mash up efficaces et du commercial sérieusement bon qu’on n’a pas honte d’aimer, Tiësto parce qu’on l’attendait depuis très longtemps et que son coté américain le pousse à jouer de la house telle qu’on n’en avait pas encore entendu jusque là, Laidback Luke qui fut l’apogée de mon trip « Eristoff Black » du dimanche (la moitié de mon budget boissons du week-end) – un grand moment sur son set, et Paul van Dyk parce que c’est pendant son set que j’ai le plus apprécié un feu d’artifice ce week-end.
Faithless aura été une déception pour beaucoup, au final trop mou et dans des versions de leurs tracks qui ne plaisaient pas toujours, le tout bien différent de leur performance en concert. Quant à Dimitri Vegas & Like Mike, deux deejays qui semblent venus de nulle part, ils n’ont sans doute pas été mis au courant que Faithless & Swedish House Mafia avaient clôturé un jour plus tôt, et donc ils nous ont passé beaucoup de tracks doublons tout en réalisant la prouesse de ne pas en mixer une seule ! Que des transitions cassées tandis que l’un des deux, davantage rappeur que deejay, faisait son show au micro. On comprend mal pourquoi ID&T les pousse autant vers l’avant avec trois deejay sets sur le week-end, une présence à beaucoup d’autres festivals, deux anthems consécutifs et trois CDs officiels Tomorrowland mixés en deux ans.
RTL-TVI fut l’un des premiers médias belges à enfin évoquer ce festival électronique, en parlant de « parc d’attractions » donnant l’impression aux clubbeurs d’être chez « Alice Au Pays De La Musique ». C’est tout à fait ce que c’est… Un rêve, une réelle coupure du monde pendant 4 jours. Pendant ce festival, j’ai vaguement entendu parler d’un drame en Norvège, et l’an dernier il y avait eu un drame à la Love Parade, mais pour nous tous, seul le bon son a compté ce week-end. Pour peu que vous soyez un tant soit peu éclectique, il faudrait au moins revivre trois fois ce festival pour écouter tous les bons deejays qui s’y trouvent.
Un tout grand merci à ID&T pour cette expérience unique ! Le prix et la peur d’un gros manque de sommeil, voire de lassitude, m’avait fait dire que trois jours de festival seraient de trop, mais il n’en est rien. Bien que le prix commence à être difficile à suivre (j’ai pour ma part dépensé plus de 400€ en un week-end soit le prix de vacances all-in à l’étranger), il y a beaucoup d’efforts, beaucoup de qualités, beaucoup de bons deejay sets fournis derrière cette organisation qui gère admirablement bien son business jusque sur Internet, et on ne peut qu’être fier d’avoir pu faire partie de cette édition 2011… Je sens déjà que les « heyyyyy, hoooooo » vont me manquer !
Après 129 events dans six pays différents, la Tomorrowland était et reste mon festival préféré de l’année. Plusieurs deejays l’attendent également impatiemment et en ont fait un incontournable de leur été, David Guetta en tête.
PS : contrairement à ce qu’on aurait pu penser, Save The World de la Swedish House Mafia ne fut pas la track la plus surjouée. J’ai dénombré 10 écoutes en un week-end. Le winner est pour moi Flash de Green Velvet remixé par Nicky Romero, parfois en mash up avec Intro de Sander van Doorn.





