Ibiza 2011

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Après quatre années intenses de clubbing, enfin j’ai eu le privilège de pouvoir fouler la « Terre Sainte », lieu de pèlerinage de tout bon clubbeur soucieux de retourner là où l’esprit EDM se vit en tous lieux du matin au soir et du soir au matin, là où chaque année des centaines de milliers de fans et des centaines de deejays se rendent pour y vivre un trip inoubliable qui persiste encore bien après avoir quitté les clubs, plus persistant encore que ce bruit strident représentant la perte d’une fréquence sonore dans vos oreilles après une soirée au volume un peu trop fort. Ibiza, telle fut ma destination pour marquer cette fin d’été 2011 somme toute assez…pourri.
On a dit et écrit beaucoup de choses sur Ibiza. Qu’est-ce qui est réel et qu’est-ce qui n’est qu’affabulation ? David Vendetta est-il vraiment, comme le disent ses clips, le maître de l’île ? Les shorts sont-ils autorisés dans les boites et le topless est-il autorisé sur la plage ? Reiko en est-il vraiment revenu avec un torse rouge écrevisse ?

Attention : lire entièrement ce report risque d’être un peu longuet, alors pour ceux qui souhaitent la version courte : Ibiza c’était top, super, ensoleillé et bonne ambiance.

Ce report sera divisé en trois parties correspondant aux soirées auxquelles nous avons assisté :
-    FULL ON FERRY: IBIZA (Sankeys) (closing)
-    BE (Space) (closing)
-    CREAM IBIZA (Amnesia)




PROLOGUE ET COÛTS

Depuis trois ans (je sors intensément depuis quatre ans), je me dis que je ne saurais maintenir ce rythme de sorties l’année suivante, de crainte d’être lassé mais aussi par peur de ne plus avoir de poteaux (un « poteau » étant un « petit pote » ou un « ami » dans mon langage courant) pour me suivre en sorties, ces derniers pouvant devenir lassés ou casés. Ou plus simplement : quid si je me suis casé… ? En clair : je crains un jour de ne plus avoir d’amis.
J’avoue trainer cette idée comme une crainte réelle et celle-ci me pousse à accepter un peu trop vite toute proposition de sortie, EDM ou sans rapport, aussi coûteuse ou scandaleuse/débridée soit-elle. Avec une réservation pour un long week-end pas donné à Prague dans le but d’y atteindre Transmission en novembre, un été une fois de plus riche en sorties (Tomorrowland me coûtant autant que tous les autres events de l’été réunis) et un déménagement plombant dangereusement mes ressources financières, c’est donc tout naturellement que j’ai dit « OUI !! » lorsqu’on m’a proposé de partir à Ibiza fin d’été 2011, craignant une fois de plus qu’une telle proposition ne se représente jamais plus.

Au final, ce trip fut-il réellement si excessif ? Oui…et non. Il le fut bien moins que ce que j’aurais pu imaginer mais cela reste d’un certain luxe.
Nous nous sommes trouvé un vol sur Ryanair pour environ 80€. J’y ai ajouté un bagage supplémentaire de 2x20€ (aller/retour) et j’expliquerai ultérieurement pourquoi. L’hôtel a couté à peu près le même prix (~60-80€) pour trois jours. Je n’ose dire que nous y avons passé trois nuits… En fait, il s’agissait plutôt d’une location d’appartement, ce qui signifie que la gestion des plats nous incombait. Avec trois plats cuisinés à la sauce bolognaise dont deux plats de pâtes, des céréales à midi et rien le matin car on dormait, une pomme chaque jour en forme tous les jours, un peu d’alcool (vodka et sangria bien sûr) chaque jour en forme toutes les nuits, et divers chips/cookies/cola/8 litres d’eau, cela nous est revenu à 33€ par personne pour trois jours.

Que reste-t-il ? Les tickets de nos trois soirées qui nous ont couté pile 100€, quelques extras comme un ou deux coktails à 8€ sur la plage ou dans des bars de rue, des souvenirs du pays (comprenez : des t-shirts Space & Amnesia), et des dépenses de pigeon comme 1,80€ pour 20cl de Pepsi chez Ryanair, une bouteille de cola de 0,50cl dans le distributeur d’un aéroport pour 3€, un distributeur à Ibiza qui prend la monnaie mais ne rend pas la bouteille, et d’une manière générale : tout ce qui se vend dans un aéroport, y compris dans la zone « free tax » où les commerçant semblent s’empocher l’équivalent de cette taxe. Dans l’aéroport d’Ibiza, nous aurons néanmoins évité de craquer sur un Burger King à 10,80€ le menu… N’est-ce pas la crise en Espagne en ce moment ?
Une dernière dépense en revenant de vacances, et cette dernière fut très désagréable : 60€ pour avoir passé 3 jours sur le parking « long stay » de Bruxelles-Charleroi. S’ils ne diffusaient pas la radio dans leur parking et donc ne payait pas la SABAM, est-ce que j’aurais pu y payer nettement moins… ?

Bref, l’ai de rien, l’addition tourne autour de 400€, presque sans aucunes folies. Vous noterez que, pour ce prix, je n’ai pas parlé de consommations dans les clubs… J’y reviendrai.
Ci-dessous, une photo ayant un beau cadrage pour faire passer la pilule.


Donc, Ibiza, c’était top, super, ensoleillé et bonne ambiance. Mais à part cela ?
Commençons par le début : 2h20 d’avion et soixante pages d’un thriller de Maxime Chattam plus tard, nous voici à Ibiza. L’un de nous a d’ailleurs failli rater son avion, s’attardant un peu trop chez lui sur une partie de Playstation. On passe les portiques de l’aéroport climatisé d’Ibiza et là, c’est le choc : une grosse bouffée de chaleur nous saisit tout le corps. C’est un peu trop d’un coup pour qu’on puisse se dire « rhaah ça fait du bien », mais au niveau du mental, c’est réellement à ce moment là qu’on se dit « c’est bon, maintenant je suis en vacances ! ». Etant le seul de mon groupe en ce moment en short, je suppose que j’étais le seul à croire au beau temps à Ibiza ?

L’aéroport est bien sûr décentré mais pas tant que ça. Nous rejoignons le centre en 20 petites minutes de bus pour le prix de 3€ d’après le site Internet. Hmm non, en fait c’est 3,20€ d’après ce qui est indiqué à l’arrêt de bus. Hmm non, finalement c’est 3,35€ d’après ce qui est indiqué sur la vitre du chauffeur. Ok. De la route qui nous sépare d’Eivissa, le centre névralgique d’Ibiza, c’est avec plaisir que nous croisons une foultitude de panneaux de très grandes tailles annonçant toutes les soirées à venir et résidences des clubs sur l’île. En fait, sur les bus jusque dans les rues en passant par les bars, les restos, les petites échoppes comme les grandes surfaces et même des magasins d’outillages pour jardin sans aucun rapport avec l’EDM, partout on y trouve des affiches pour des soirées ! A coté d’un magasin Springfield ou d’un Jack & Jones, on trouve un magasin Space, Amnesia ou encore Pacha revendant un grand nombre de vêtements et de goodies à l’effigie de ces clubs à la renommée internationale. Normal quoi. Même dans la zone « free tax » de l’aéroport d’Ibiza, nous avons revu leurs articles ! Ibiza, ou à tout le moins ce coté de l’île, vit clairement au rythme des basses et on se doute très bien que presque chaque passant croisé en rue revient d’une soirée quelconque. Cette île vit la musique EDM jusqu’au bout des ongles ! On pouvait s’en douter bien sûr, mais il faut le voir pour vraiment l’apprécier.

Il parait qu’en marge de son coté festif, il y a pas mal de beaux lieux à visiter, notamment le coin de D’Alt Vila. Nous n’avons pas eu le temps d’explorer, mais quoiqu’il en soit je ne conseillerais pas à des non-amateurs de clubbing de s’y rendre uniquement dans un esprit de « visite ». Je pense que voyager dans ce but est assez maigre…


FULL ON FERRY: IBIZA (Sankeys) (closing)
Le temps de faire le check-in de l’appartement auprès de la réceptionniste « Maïté », qui me laisse tout de suite son numéro de téléphone « en cas de besoin », le temps de faire les courses, de manger un peu, de boire beaucoup, puis de profiter du wifi de l’hôtel pour se renseigner quant à l’adresse du club (wifi + smartphone = les accessoires indispensables pour s’orienter à l’étranger, presque plus indispensable qu’un short maillot), et nous voici au Sankeys pour minuit. Le club semble vide, et pour cause : nous sommes à l’heure d’ouverture. Il faut savoir qu’à Ibiza, la plupart des clubs n’ouvrent pas avant minuit et clôturent à 6h. Comme on imagine mal Ferry Corsten débuter son set devant dix personnes dont cinq barmen et une femme de ménage encore en train d’aspirer, on se laisse embarquer dans un bar « happy hour, venez venez, pas cheeer pas cheeer » et 1/2h plus tard on entre enfin dans le club. Sachant que ce club n’est pas des plus blinquant, nous y sommes tous entrés en short et t-shirt. Je reviendrai par la suite sur la tenue vestimentaire à porter en club.
Pas de fouille, mais ne faite pas comme Arnej : n’arrivez pas trop tard sous peine de vous voir refuser l’accès au club parce-que trop de monde !

Le Sankeys est situé là où tous les touristes se rendent : Plaja d’en Boosa. Il ressemble un peu au club Poema d’Utrecht, pour ceux qui le connaissent. Il est sombre, presque lugubre en fait, dans un état un peu piteux et assez petit. On apprécie cependant les longues barres LED au plafond. En réalité, le club donnes l'impression d'être dans une cage de tubes LED.
Nous sommes à une « Full On Ferry » et cependant nous nous devons de constater avec regret que cette soirée n’en porte que le nom. Tout ce qui fit le succès des deux premières éditions néerlandaises de Full On Ferry est absent ici : la fameuse « flying deejay booth » qui permet au deejay de se déplacer avec ses platines au-dessus de la foule, les B2B entre Ferry et un « collègue » ainsi que l’aspect « FULL On Ferry » et j’insiste sur le « FULL » qui est censé indiquer que Ferry Corsten mixera toute la soirée durant, warm up mise à part.

Pour ce qui est des boissons, je me suis souvenu d’une conversation avec un pote :
-    Il parait que le Coca à Ibiza coûte 7€ ! C’est énorme !! C’est vrai ?
-    Non. On t’a menti, c’est 11€.
-    …
Finalement, ici c’est 7€. Du coup, j’ai « presque » l’impression que ce n’est pas cher…

On arrive alors que Marco V est aux platines, sans nous douter que nous sommes en train d’assister au meilleur set de la soirée. Il claque diverses tracks du genre break mélodieux – reprise hard sur des kicks féroces et plein de petits sons tranceux. Ca ne veut pas dire grand-chose comme description mais…on se comprend : c’est du Marco V.

Ferry arrive vers 1h30 pour enchainer 30 minutes de B2B avec Marco. Tandis que Marco continue dans son style, Ferry passe plusieurs tracks que les fans d’electro-house commerciale ont du reconnaître. Ce n’est pas mauvais, seulement une fois qu’il reprend seul le contrôle des platines, il oscille, bascule puis tombe dans une vaste soupe de sons electro et progressive d’un très mauvais goût… On survit un peu moins d’une heure avant d’aller finalement prendre l’air et prendre un Coca (*bruit de caisse enregistreuse* et hop 7€ de claqué !).

Lorsqu’on revient voir Ferry, ce dernier a enfin commencé à se tourner vers des stuffs plus intéressantes et plus pitchées. « Brute », le follow up de « Minack » réalisé par Ferry Corsten & Armin van Buuren, plait de façon évidente au public. Alors que son set commence seulement à nous plaire, Ferry quitte le stage…définitivement. S’en suivront un B2B entre Solarstone et Sied van Riel (huh ?) puis un autre B2B entre Aly & Fila et Bart Claessen (huh ??). Mais que reste-t-il du concept « Full On Ferry »… ?

Plutôt cassé, afin de ne pas trop se fatiguer le premier soir et parce que j’avais oublié mes boules quiès ce soir là (et le son était particulièrement mauvais), nous décidons d’abréger.

Note pour plus tard : ne plus aller voir Ferry Corsten avant plusieurs mois. Tous ces derniers sets m’ont fort peu convaincu.
Comme je suis un homme de parole, mais aussi parce-que je n’ai pas le choix, je le reverrai à Prague en novembre…

Pour ce qui est du retour à l’hôtel…
Les transports publics « normaux » terminant tous leur tournée vers 22h-minuit et ne reprenant pas avant 7h, nous devons donc circuler la nuit soit en taxi, soit en « discobus ». N’allez pas imaginer, comme nous, un bus au design kitsch comme dans un clip des Vengaboys, avec des gens souriants et boostés en train de faire la fête au dernier étage, à l’air libre – certains pataugeant dans la piscine au fond du bus, car il n’est rien de tout cela ! On le comprend très vite en voyant la tête du chauffeur… Les discobus ne sont qu’un service nocturne des transports en commun, dans les bus les plus crades de la compagnie. Ils font la tournée des clubs afin de ramener les gens chez eux pour 3€, et vous n’avez plus droit à de la musique EDM. En revanche, ce ne fut pas notre cas, mais on sait grâce à Twitter qu’il y a des chances pour que vous y croisiez des artistes tels Markus Schulz, lequel était cordialement invité par Ferry à cette soirée (mais pas pour mixer).


BE (Space) (closing)
Passons la description de notre journée de farniente pour arriver à quelque chose de plus sérieux: le légendaire Space ayant déjà accueilli une pléthore de deejays internationaux à succès, dont certains que nous allons voir ce soir: Markus Schulz, Gareth Emery, Armin van Buuren et Fedde le Grand (ce dernier étant dans la salle Terrace). Coté Main, tous ont droit à 2h de set.

C’est ici qu’arrive l’explication du pourquoi j’ai pris une deuxième valise en plus de mon sac en soute, le tout pour trois jours à Ibiza seulement…
L’explication est simple et stupide : parce qu’une certaine personne, qui se reconnaîtra je l’espère, a réussi à bien m’effrayer en me disant sincèrement qu’il fallait ABSOLUMENT être zappé de façon IRREPROCHABLE pour sortir à Ibiza, ce qui implique des tenues cool « de jour » et des tenues sérieuses « de nuit » avec chaussures adaptées, soit l’équivalent de 6 jours. Avec les gros essuies de plage toujours encombrants et des accessoires telle une station iPod, une seule valise se serait révélée trop juste.

Finalement, nous aurons été prévenus assez tôt que tout cela n’est que foutaise et qu’on peut très bien se pointer dans les clubs d’Ibiza en short / t-shirt / slashs, à l’exception peut-être du Pacha et du Privilege mais sans aller jusqu’au costard.
Au Space, comme à l’Amnesia le lendemain, certains donnaient franchement l’impression qu’ils venaient de revenir de la plage ! Merci, chère amie, pour ce conseil !

Je disais plus haut que les clubs n’ouvrent pas avant minuit. Le Space est l’exception puisqu’il est ouvert dès 22h, mais uniquement la troisième salle. Les deux autres salles (avec les guests) s’ouvrent à minuit, ce qui revient au même donc. Quoique… Cet étalement dans le temps permet aux gens de rentrer tranquillement et de déjà consommer un peu en attendant l’ouverture du reste du club.

Une fois sur place, nous sommes sciés ! C’est un magnifique club qui s’ouvre sous nos yeux, et la troisième salle – exotique à souhait – par laquelle nous entrons bénéficie de gros ventilateurs qui aère merveilleusement bien la pièce. On se sent comme des poissons dans l’eau ! Le Coca est toujours à 7€, mais tout comme hier (de même pour l’Amnesia) les toilettes sont gratuites et pourtant entretenues régulièrement.

Minuit, on pénètre dans le Mainstage. Gareth Emery se prépare tandis que nous avons droit à une musique chill out sur ce temps. On apprendra plus tard que Emery n’a pas pu faire fonctionner son disque externe/clé USB sur les platines et que son manager a du rentrer dare-dare à l’hôtel pour chercher un backup.
Avec cet énorme bar au milieu de la salle, derrière la régie, le Main me semble un peu petit. Bon…je dis ça en tant qu’habitué de festivals, mais pour un « club » (aux allures d’un event), c’est en fait très grand !
Le Main donne un peu l’impression d’être un hangar bien aménagé, alors que la deuxième salle m’est davantage impressionnante avec ses spots et écrans qui se répercutent avec charme sur les murs de pierre. En regardant quelques photos sur Internet, je constate que la déco du Space (à tout le moins le Main) semble être réaménagée régulièrement, ce qui est d’une grande classe pour un club !

A ma très grande surprise, la longue musique chill out du début d’Emery se mue en une progressive. Soit il l’a impeccablement bien enchainée, soit il s’agit d’une compo prévue pour un début de set très long et c’est du plus bel effet ! Les 20 minutes qui suivirent ne ressemblèrent pas du tout à du Gareth Emery, et là je dis bravo !! Dans un style très smooth et planant, Emery enchaine je ne sais trop quoi et fait preuve d’un très grand talent en abordant un domaine musical qui n’est pas le sien ! Selon moi, c’est à cela qu’on distingue un artiste ! Au bout de 20 minutes, Emery largue « Vision » d’Ashley Wallbridge qui contient une belle ligne à la guitare, et à partir de là nous retombons réellement dans le style Emery, entre trance qui claque, de puissantes vocales dont sa propre track « My Sanctuary » et d’autres sons plus electro. A mon grand plaisir, il aura lâché Tiësto – Maximal Crazy. Le groupe présent avec moi, qui n’appréciait pas au départ, me confirme qu’elle claque en live !

Etrangement, les gros caissons de basses sont à l’avant uniquement, et les baffles sur les cotés / à l’arrière ne répercutent que les aigus et mediums. Cela donne un effet bof lorsqu’on se situe juste en-dessous (saturation de sons aigus), et de plus deux baffles près de nous ont eu quelques ratés pendant la soirée. Quoiqu’il en soit, le son est limpide.

Markus Schulz enchaine dans ce style si particulier qui semble ne pouvoir être joué que par lui. C’est un peu plus dark qu’à son habitude (dernier album de Dakota oblige) mais toujours pêchu.

Coté public, il est temps d’en parler : on y rencontre de tout. De ceux capables de se mettre une murge sachant que le Coca coûte 7€ aux fans de trance en t-shirt ASOT 500 qui ne semblent pas pouvoir faire de mal à une mouche jusqu’aux néerlandais de quarante ans passés à la musculature disproportionnée accompagnés de leur(s) femme(s) surmaquillées. Ces derniers sont les pires : ils occupent tout l’espace et se pensent seuls sur la piste, allant jusqu’à nous le reprocher à nous ! Et pourtant, de l’espace, il n’y en avait pas… Nous sommes dans la semaine de closing de la plupart des clubs, en plein mois de septembre donc plus tout à fait en « haute période », et pourtant il y a énormément de monde ! On arrivait à bouger relativement sans problèmes les deux premières heures, mais une fois le plus grand guest arrivé, ça en devient invivable ! Il est pourtant 4h du mat’ quand Armin van Buuren prend place et généralement on peut s’attendre à une évacuation d’une partie de la foule à cette heure-là, mais il semble que ce ne soit absolument pas le cas à Ibiza ! Certains de notre groupe commencent à fatiguer, on est mal positionné au coin d’un bar et il est inconcevable de percer une foule aussi dense, donc on quitte le club…en n’ayant vu que 15 minutes d’Armin. Durant ces 15 minutes, il me semble avoir aperçu brièvement deux lasers, mais vraiment brièvement, et enfin une ou deux salves de canons à CO2. Ils sont assez radins sur les lasers à Ibiza...

Pour la petite anecdote : au début de son existence, le Space était l'un de ces clubs qui n'ouvrent pas avant 5h du matin et faisait dès lors office d'afterparty...



CREAM IBIZA (Amnesia)
Avant l’Amnesia, tout comme la veille, on profite de cette magnifique journée à plus de 30° pour se poser sur la plage, mais cette fois à Playa d’en Bossa, LE lieux privilégié des touristes. Pas trop de monde, ni sur transats ni dans la mer, on se pose sans soucis et c’est parti pour plusieurs heures de farniente ! Les vacances à ne rien faire sur la plage, à priori je ne payerais pas pour ça, mais maintenant que j’y suis j’adore ! Pour faire simple : tout est comme dans un rêve. Le ciel sans nuage, l’eau à une température parfaite d’environ 24°, les filles topless, le coktail à base de fraise et de gin à 8€, la glace, et surtout le fond sonore tech-house / progressive qui rend le tout divin !! J’exulte !

Finalement, on aura gardé le plus beau pour la fin : le club Amnesia situé sur la route allant d’Eivissa à San Antonio, cette même grande route déserte où se situe le Privilege. La soirée commence cette fois encore à minuit. Incontestablement, Amnesia est le plus beau des trois clubs que nous avons visités !! A signaler qu'il existe depuis 1974 ! L’intérieur est somptueux ! Le Main est en fait fort étroit et mal fichu ; étrangement c’est la seconde salle – la Terrace bien aérée et profonde – qui est la plus impressionnante avec ses énormes ventilateurs. L’ensemble du club est recouvert de pierres dorées. On a un peu l’impression de s’aventurer à pied dans les grottes du Radja River de Walibi. Pour info, sachez que certaines soirées sont des soirées mousse !
Contrairement au Space dont le Main fait plutôt entrepôt, ici nous avons franchement l’impression d’être dans un club exotique garnis d’une pléthore de plantes et arbustes. J’aurais souhaité vous en ramener quelques photos, mais cela m’est impossible et pour cause : les APNs sont interdits ici… La SECU y veille ; ce club est d'ailleurs le seul où nous avons été sommairement fouillé.

L’interdiction des APNs n’est pas pour conserver le mysticisme de cette boite, mais pour une raison bassement plus commerciale. Tout au long de la soirée, plusieurs photographes officiels se promènent et vous tirent le portrait. 30 minutes plus tard, le cliché pris est disponible à un guichet pour…10€ la photo. Pour ce prix, vous avez droit à un envoi de la photo sur votre adresse email, mais la qualité du cliché n’y est plus.

En outre, vous vous rappelez de cette conversation en début de report ?
-    Il parait que le Coca à Ibiza coûte 7€ ! C’est énorme !! C’est vrai ?
-    Non. On t’a menti, c’est 11€.
-    …
Le Space et le Sankeys proposait des boissons à 7€, mais à l’Amnesia, le Coca coûte vraiment 11€ !!
A noter que pour ce prix nous avions chaque fois des verres, et non pas des gobelets, d'où globalement moins de personnes qui se promènent avec sur les dancefloors. Évidemment, quand certains en prennent et les cassent, c'est moins fun...

Comme au Space, la foule tarde à venir mais au final elle est très dense ! Comme les gérants du club ont eu l’idée richissime de ne proposer qu’un seul accès entre les deux salles, celle-ci est perpétuellement bloquée.
Sur le Main, on trouve place près du bar, bien loin de la piste, laquelle est petite et prise d’assaut. Le deejay est en hauteur et il a des miroirs au-dessus de sa tête reflétant ses platines, ce qui vous permet notamment de savoir s’il mixe vraiment. L’avantage à cela est qu’on gagne de la place sous la deejay booth, mais qu’on n’y voit plus le deejay depuis cette position. Tout l'étage est occupé par les VIPs et des danseuses, et bien que ça ait l'air un peu surchargé, le tout donne un aspect cosy très sympa. Mais VRAIMENT, ce Main reste mal fichu, d'où trop peu de place.

Pendant que cela reste vivable, nous profitons du set de John O’Callaghan en warm up qui, à l’instant d’Emery la veille, joue dans un style qui n’est habituellement pas le sien mais qui lui sied bien. Il joue dans un style très nerveux, presque techno mais toujours avec des sonorités trance. Presque sans breaks toutefois. C’est au bout d’une bonne heure qu’il retourne à ses compos plus connues.
Ibiza, terre des expérimentations ?

Le Main devenant invivable, on bascule sur la Terrace qui est en fait bien plus intéressante. Un certain « Burns », qui n’est pas le propriétaire d’une centrale nucléaire à Springfield, est en train de chauffer le public sur des sons pointus tech-house et on y prend un très grand plaisir ! Le « Show Me Love » bien connu aura mis le feu ! Ensuite arrive Calvin Harris qui joue un type de house qu’énormément de deejays jouent, mais en allant davantage piocher dans des tracks datant d’il y a un ou deux ans. Soit c’est son truc, soit il varie horriblement peu ses playlists. Qu’importe, sur le moment même, on apprécie grandement son set et notre soirée « trance » prend finalement un grand virage house/techno qui ne nous déplait guère ! A dire vrai, j’ai nettement moins honte et je préfère de loin me tuer les cordes vocales à chanter « Who’s gonna saaave the wooorld toniiight » plutôt qu’une track d’Above & Beyond présents dans l’autre salle… A noter que nous aurons revu 10 petites minutes Ferry Corsten en Main qui ne nous a pas davantage convaincu.

Le nec plus ultra de la Terrace d’Amnesia : un énooorme canon CO2 qui pulvérise très régulièrement une grosse masse d’air depuis le plafond à l’arrière de la salle. On choisit stratégiquement de se positionner juste à l’endroit où son impulsion se ressent le plus, et à chaque largage on prend un pied énorme à se frigorifier sous cette masse d’air qui nous aveugle complètement !
Un autre gros plus de cette salle (décidément bien meilleure que le Main) : la structure au plafond, sur laquelle les spots sont alignés, qui pouvait se déformer de haut en bas !

A 4h du matin, c’est un autre d’entre nous qui lâche prise et réclame un retour à l’hôtel. Aussi, pour la troisième fois consécutive, nous reprenons avant la fin de la soirée le chemin de nos lits que nous devrons quitter 3h plus tard pour saisir notre avion. Sur le trajet du retour, c’est avec dépit que nous constaterons que les jeunes (parfois très stylés) présents avec nous dans l’avion semblent tous être venus uniquement pour le Pacha et son résident David Guetta, qui se produira pourtant fin septembre près de Liège…


CONCLUSION
Ibiza c’était top, super, ensoleillé et bonne ambiance. Mais en dehors de cela, j'avoue que c'est un peu surfait pour nous autres habitués d'events / festivals, et compte tenu des prix qu'ils y pratiquent. Il y a beaucoup de monde dans les clubs et il faut parfois faire preuve de courage pour s’engouffrer dans un Mainstage.
Pour le prix d’un grand event, les gros clubs sont sompteux et il semble que certains deejays profitent de leur résidence pour se lancer dans quelques expérimentations musicales intéressantes.

Ibiza ne reprend pas que des fans invétérés de l’EDM qui passent toute leur vie sur des forums ou dans les Charts de Beatport. On y trouve aussi de simples amateurs désireux de passer un agréable moment et assez bon public que pour apprécier toutes sortes de styles.
Je n’ai pas trouvé que le public à Ibiza était « uni » comme il peut parfois l’être dans des événements belges, néerlandais ou allemands, mais ce sont tous des petits groupes en vacances ne désirant que s’amuser (parfois, en consommant beaucoup trop ce qui peut gêner l’entourage), et malgré que la plupart arrivent tardivement, l’ambiance persiste vraiment jusqu’au petit matin. Globalement, on aura rencontré peu de francophones. En fait, aucuns ?

Vivre à Ibiza n’est pas plus cher qu’ailleurs ; ce sont les clubs qui sont horriblement chers. C’en est presque du banditisme ! Chez nous, compte tenus des prix pas donnés non plus, habituellement on tente de se griser en buvant quelques apéros avant l’event, ce qu’ici nous n’avons pas fait car boire de l’alcool déshydrate, ce qui vous pousse à l’envie de consommer par après au moins un peu. Compte tenu du prix, en réalité nous ne consommions rien en club, pas même un verre de Coca une fois que la fatigue se fait sentir, et cela n’est pas sain.
Alors, après un bon apéro, quelques minutes avant d’entrer en club nous buvions une grande quantité d’eau, espérant en stocker autant qu’un chameau.
Ceux qui le connaissent auront du mal à s’imaginer Thib-E, dans un état « normal », consommant de l’H2O en grande quantité avant d’entrer dans un club, et pourtant ce fut réel !

En outre, à Ibiza il faut se méfier du soleil, mais aussi de vos yeux qui ne cesseront de loucher sur de jolis visages, de beaux sourires, et…


Gareth Emery sur les réseaux sociaux après son set :
"L'un des moments les plus tristes de l'année est de quitter l'Ocean Drive Hotel d'Ibiza avec le staff qui vous dit "à l'année prochaine", parce que c'est à ce moment là que je réalise que c'est terminé jusqu'à la prochaine saison d'été.
Merci au Space et à tous les gens qui ont contribué à faire de cette saison d'été une saison si spéciale. Merci particulièrement à ceux sur le dancefloor.
Au revoir Ibiza, ce furent des moments d'émotion.